Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Category: Non classé

22.05.2018

Je marche pour rester vivant. Je vais d’un point vers l’autre. Le monde se disloque; le monde est un terrain de jeu: sortir de ses frayeurs. Sans quoi, je finirais comme le monde, dans une cage à poules. Ce sont d’abord des cris, de révolte ou d’indignations. Ensuite c’est le silence. Puis la dislocation. La dislocation prend du temps. Personne ne se rend tout à fait compte. Même si une chose étrange traverse l’esprit, les corps, les villes, semble s’être posée, sans être visible, une chose que les gens traversent, puis contournent. Marchant dans la rue, on ne se rend pas compte. Pas plus que le soleil se souvient de nous. Non le soleil qui vous rôtit la peau, mais celui qui fraie à l’ombre, parmi les herbes que le fruit la fleur contiennent. Bien sûr, ce n’est pas évocateur. C’est comme une pomme, une tomate, une mandarine, ça se croque, c’est tout. 

07.04.2018

Le réel est subversif, dis-tu. Comme les fleurs. Tu aurais aimé tout contenir, dis-tu. Comme la branche. Tant pis pour ce qui déborde, soupires-tu. Tu t’émerveilles des morceaux de feuilles que ta main contient, parmi des tickets de métro, et des fourmis, trouvés au fond des poches. C’est déjà beaucoup, dis-tu ; et peu, en levant les yeux. Tes yeux se ferment. L’issue est dans les rêves, dis-tu. On suppose un monde. Le jour comprendra.

Haïkus (extrait)

Le haïku est une forme qui m’accompagne
D’ici et là, quelques haïkus

allons donc mes yeux
quoi donc les fermerait
sinon le soleil

les gouttes de pluie
le silence en la vallée
se décline en gouttes

le chant d’un pinson
fait vibrer dans la vallée
les premiers rayons

la cuisson du soir
le chant de ma compagne
le son de sa lime

le cours du ruisseau
se détache de sa branche
et tombe dans l’eau

nuit orageuse
les insectes dans la nuit
montent d’un cran

son beau cerisier
il n’a rien donné, dit-elle
à celui qui l’admire

simplement vêtu
de sa tenue d’hiver
le vieux poirier

anodin, dis-tu
ses bourgeons côtoient la lune
au cœur de l’hiver

© 2018 Raphaël Dormoy

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