Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Category: Poème(s) (page 1 of 3)

23.05.2018

Ainsi ce sera ma petite entreprise, le réel
à regarder les pigeons, marcher dans un square
à les observer – voler, atterrir
à regarder leurs mouvements de masse sur l’herbe du
square (ça vaut pas les vagues, certes)
parmi les hommes, assis sur les bancs, ou pas.
Ainsi ce sera ma petite entreprise,
parmi les hommes ou pas.

06.05.2018

Regarder les nuages couler
couler sur la toiture

Laisse l’oiseau entrer
et se poser

Ce à quoi le corps s’accroche
ne sont-elles pas les branches malingres

Il faudrait tout ôter
jusqu’à déraciner le ciel

Mais que resterait-il
derrière le velux ?

Les pépiements :
les feuilles d’un arbre

19.04.2018

Quand il fallut installer la dictature, on supprima les bancs. Ensuite, on supprima les silences. Il fallait que chacun se rende d’un point à l’autre. Sans discontinuer. L’esprit devait toujours être occupé, à se remplir, ou à transporter quelque chose, tels que des mets. Sans néanmoins que cet objet pèse car l’objet est le regard lui-même. Le regard vide ne pouvait pas être toléré à moins qu’il s’agisse d’un regard rempli de vide où le vide occupe la place du regard. Ceux-là on les tolère, ils ne sont pas visibles. On ne les voit pas. Comme les arbres. Ce sont des arbres qui marchent, dirait-on. Je suis entré dans un jardin, je me suis assis.

22.02.2018

Vieillir c’est apprendre à rêver, à marcher, à mourir seul,
vieillir c’est apprendre que les solitudes se complètent
C’est laisser loin les peurs les pleurs de l’enfant
mais être là pour le consoler s’il s’agite ou qu’il pleure
Vieillir c’est accepter de ne pas être ce que l’être aurait pu être, en d’autres circonstances, en d’autres événements
Vieillir c’est accepter d’être un peu plus épais
moins vigoureux, mais plus épais,
d’être là-haut bras levés, branches folles,
et d’avoir sondé loin dans le passé jusqu’à déformer le présent.

14.02.2018

La neige a quitté les bancs
et le soleil étend ses rayons
il est l’heure de s’asseoir,
La neige couvre le jardin et luit,
Le jardin fait l’angle du boulevard Saint-Germain
et de la rue des Saint-Pères
Je cherche le nom de cette fleur,
Dehors le boulevard charrie les véhicules et les véhicules font l’effet de blocs, de pierres de fleurs allant dans le courant,
La neige a érigé un havre de paix entre le monde d’avant et maintenant

05.02.2018

Ils ont effacé le coeur
ils vont le couvrir de chaux et de peinture
Demain, le coeur aura disparu
le mur sera blanc et lisse,
mais l’empreinte reste en moi.

05.02.2018

Souviens-toi
à chaque instant souviens-toi,
Souviens-toi qu’elle te précède
à chaque instant devant toi,
Et si tu ne te souviens pas
sors, et si la sortie t’est barrée
n’oublie pas qu’elle t’entoure.

11.01.2018

Un homme est comme une plante
il lui faut beaucoup de soleil : un peu quand même
il faut qu’il puisse dire « Je t’aime »
et que son sourire arc-en-ciel se dessine quand une goutte tombe sur sa joue
Un homme a besoin de courir comme une plante
d’embrasser et d’aimer comme une plante et de regarder le ciel
Un homme a besoin de regarder, de toucher, de palper, comme une plante
Un rayon suffit, une goutte suffisent, pour que le paysage devienne corps et le corps paysage
Enfin, tout dépend de la plante

20.06.2017

Le passé est loin, l’avenir n’est pas et le présent
Qu’est ce ? Un banc sur lequel mes fesses,
– le présent s’efface
La légende dit : les anges soutiennent le monde.
A nouveau je suis à la frontière.
A la frontière, c’est l’homme sans Dieu
L’homme fait homme mais sans lien
Peut-être est-ce Dieu lui-même.
On a scié l’arbre
Et les pigeons dans leur vol ressemblent à
Des pierres tombales.

17.06.2017

Mes illusions sont tombées
je ne sais pas si ça change quelque chose à la qualité de la lumière
mais je suis assis à l’angle des rues Daguerre et Lalande
et la femme qui passe devant moi
et je bois un verre de vin pétillant
et la femme qui passe devant moi
a beau avoir un gros ventre, elle est enceinte ?

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