Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Catégorie : Poème(s) (page 1 of 9)

29.09.2019

Quand les illusions sont tombées, que reste-t-il ?
La fin d’une tasse de café ; un sourire
(accueillir ce qui vient) 
Accueillir ce qui vient
Lustrer la seconde comme une goutte
Avoir la vue courte, saisir le loin 
Sourire, et ne pas oublier le centimètre qui fait la différence.

 

27.09.2019

Ai-je le droit d’être moi-même ? te demandes-tu
assis-toi au milieu de la pièce
laisse-la te chuchoter
en fermant la porte-hier
Le corps est lourd de tous ces souvenirs qui encombrent
le corps,
comme un coffre trop chargé
Comment se délester
quand ces souvenirs appellent leur direction  
quand d’autres s’offrent à soi comme une poire mûre.

 

18.09.2019

L’homme dit un poème
L’homme dit un poème silencieux
un poème que quelqu’un entend distraitement
un poème fait avec des (e)
un poème en équilibre
L’homme dit un poème en équilibre
Bientôt le regard de l’homme dessine une ligne
et ses bras imaginaires se déploient
Et bientôt, toute la vie tient dans son poème
dans son poème, en équilibre
Le métro tangue le métro freine
Le métro tangue le métro freine,
la vie le poème le poème tient en équilibre.
Parfois l’homme s’absente. Puis, il ouvre grand les yeux.
Puis il les ferme, sursaute, une boule tombe dans sa paume, bondit, manque de la faire tomber, bondit, manque de le faire tomber, ouvre un grand sac, l’enfourne au vol et sort.

15.09.2019

Je suis assis dans un train
Un voyageur regarde par la fenêtre
tandis que, objectivement,
nous sommes nulle part ;
mais peut être que le voyageur
regarde par la fenêtre,
qu’il écrit un poème sur le nulle part
Le train ponctue notre voyage de destinations.

15.09.2019

Je suis assis dans le cimetière 
La porte des mondes s’ouvre. Je deviens tout petit.
Je deviens plus petit que les moucherons qui volettent autour de moi  
Je deviens plus petit que la feuille de peuplier, qui tombe par terre,
que le mégot de cigarette porté dans la rigole. 
Savoir à quel moment ouvrir les yeux comme on sort les mots d’un rêve 
savoir à quel moment fixer la parole,  
tandis que la porte des mondes est béante et que le monde ne dit rien. 
Laisser les milliers de paires d’yeux aller, 
décharger le coléoptère de son poids, qui traverse la route ;
Se remplir les poumons, comme d’autres s’emplissent les poches, 
gaspiller l’or des tilleuls, et le vent frais ;
Il resterait un regard, un regard plein,
ayant plus d’insistance que n’importe quelle autre durée,  
un regard qu’aucune chute ne pourrait soumettre. 

 

12.09.2019

Je suis libre,
mais que veut dire cette phrase ? 
Je connais la gangue qui étouffe chaque voyelle ;  
je connais la douleur qui enterre la plainte ;   
je connais le croc qui tiraille les entrailles ;
je connais le deuil et l’entrave ;
je connais le geste qui consiste à mettre une paille dans le nez, pour respirer ;
Je connais aussi la beauté, dont le silence est plus grand que tout ; 
Je suis libre de m’asseoir et de lever les yeux.     

 

05.09.2019

Chaque poème est une conquête
Un morceau de terre,
de vase ou d’argile, ramené ici
Sans savoir si ce qui fleurit sur ce morceau de terre 
Est le poème lui-même.

 

02.09.2019

Il y a tous ceux qui roulent sur l’or,
Et celles et ceux qui roulent sur le mais, sans parenthèse ni couvercle. 
Les premiers scintillent
Parmi les soleils qui se succèdent, dans la vie du coeur simple.  
Tendre. Et le second, l’étau le serre.  
Il ne restera plus grand chose, qu’à se redresser,  
Et inventer un autre rythme.
Souviens-toi du poème. 

31.08.2019

Habiter la solitude vraiment.
Je peux enfin habiter quelque part. 
Elle n’est pas effrayante. 
Au contraire. Entrer sans peur.   
Ici nous pénétrons à l’abri des peurs. 
Elle prolonge les qualités d’une vie.  
Elle ne peut disparaître. 
Et si le corps venait à s’égarer, garder signe
Garder trace dans l’herbe,
Un caillou, un poème, de l’entrée. 

 

17.08.2019

Regarder la pluie. Regarder la pluie tomber. Vraiment s’arrêter. Ne rien attendre. Ni de la pluie. Ni du pigeon qui passe. Ni des arbres roussis. Ni de la circulation. Être là. Ni des bulles dans les flaques. Être là. Être là. Ni demain. Ni d’hier. Ni de la circulation des voitures. Ni des roues. Être là. Tenter d’être là. Par intermittence.

 

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