Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Category: Poème(s) (page 1 of 5)

26.09.2018

Je ferme les yeux, 
Je ferme les paupières sous le soleil.
L’environnement retrouve sa clarté.
Les cris d’enfants, les joies de pelles, retrouvent leur clarté première. 
Les bruits s’entremêlent dans cette clarté joyeuse.
Un instant suffit pour tout perdre,
pour voir le château disparaître.   
Mystère enfui, enfoui sous les sables.  

 

07.09.2018

Fenêtre entrouverte, le houx luit autrement. Le houx, dans l’entrebâillement de la fenêtre, propage un peu de son éclat dans le houx de la vitre. Ce n’est pas le même, dirait-on, qu’autrefois. De même il en va des troènes, dans la fenêtre entrouverte, dont les branches bougent derrière celles du houx, lentement. Si le vent était langage, réussirait-il à mouvoir ces lettres? Fenêtre entrouverte, chair du monde. 

La Coulée verte

Coulée verte, je monte les marches,
pissenlit comme soleil, Paris me voici !
Chuchotements, ô merveille :
Attention, « Sol glissant par temps de pluie », la prudence est de mise,
De fleurs en fleurs, de bac en bac, je vole parmi les amoureux du pont,
Pin-pon cloche, pin-pon cloche ;
Un homme assis sur un banc voudrait brunir encore,
Septembre, les derniers rayons, voyez-vous.
O langues, ville cosmopolite, pigeon bariolé ;
Les rosiers dans la foulée font des fleurs de toutes les couleurs,
Arbre à papillons, nous prenons de la hauteur ;
Dans les maisons qui bordent la coulée, les fenêtres sont comme chrysalides, ouvertes,
Les amoureux contemplent dehors;
Les tilleuls sont les premiers à se vêtir d’or,
Une liane de glycine, en quête d’à venir, croise le regard,
Un homme assis sur un banc boit sa canette.
« Ici, nous faisons pousser la flore naturelle » :
Bananiers, feuilles mortes, graminées ;
Sur le pont l’ouvrier s’est arrêté, s’est accoudé parmi les bruits de scies.
L’instant résistera-t-il ?
On entend des pas de promeneur : ô forêts ! oeil  gravé dans l’écorce,
Que vois-tu, que voit-on ? Quel avenir lirons-nous ?
– Branche morte, mais encore ?
L’eau des longs bassins fait des lents remous vers nous,
Eau saumâtre, verte, les amoureux s’y mirent,
Tous les moineaux sont cachés, on les entend quand même ;
Fruits non soupçonnés du présent,
Quel avenir lirons-nous ?
Une femme surgit en fauteuil roulant,
Une autre arrive avec une poussette vide,
Tandis que cette autre nous double, pleine d’espérance.
Les pas du promeneur résonne, voyage immobile parmi les brins de conversations que le courant emporte.
Voyez l’à venir : monde chargé d’or.
Pourquoi s’y rendre, il vient à nous.

07.09.2018

25.08.2018

Être vieux, c’est être moins souple,
Plus d’accès.  
La lune est cachée par le parasol. 
C’est la même nuit, le mystère en moins.
Être vieux, c’est attendre dans un paysage qui sert de décor 
Sans horizon, ni trompe-l’oeil, 
Et ordonner ses affaires 
dans l’attente d’un grand voyage
où tout restera à quai. 

 

11.08.2018

« Soyez terrestre,
élevez-vous », disent les mouettes.
Les moineaux, à hauteur de ciel,
de nuage, de chaises
veillent au grain : sable ! soleil !
Il me souvient de l’enfant,
ancré, ancré,
mais quel âge avait-il,
quel âge terrestre ?
qui déroulait son fil, entre ciel et mer
Puis déployait ses ailes,
son cri.

12.07.2018

Il n’y a pas d’échappatoire puisque Poésie est 
Il n’y a pas d’autre monde que celui qui se présente
chaque fois que l’homme ouvre les yeux
le saluent
Parfois il faudrait une allumette pour se rappeler  
Ou une amulette qui se mettrait à crisser chaque fois que les volets se ferment pour nous désigner la transparence.
Mais à présent, tout me conduit en Lui : monde à l’état brut, sauvage, terriblement familier,
où chaque détail révèle sa nature, sa présence  
Dans le parc où je me situe, les bancs sont des sculptures; des livres à ciel ouvert sur lesquels les passants ont posé leurs fesses,
Les pigeons, pourtant mièvres d’habitude, nous indiquent, par leur présence et leur vol, une direction, du moins une correspondance. 
On voudrait croire à l’illumination, au surgissement synchrone de la pensée avec ce qui entoure, par le tintement des cloches 
Mais la page se referme pour laisser le champ libre et vierge. 

05.07.2018

Certaines paroles se diluent
le ciel est saturé 
cela n’ôte rien de la mécanique perceptible, imperceptible des êtres 
Au contraire, les lettres posées sur le monde semblent plus denses, 
sans que les mots n’aient de sens

31.05.2018

Discutez, discutons, 
mais sait-on la qualité d’une conversation 
à la qualité de ses silences. 
Discutez, discutons. 
Elle est intarissable : son débit, son flux, c’est un flot immense,
comme si le saumon remontait à la source. 
Son partenaire rame un peu. 
Moi, je suis sur le bord, sur la table à côté,
terrasse ouvert, nous sommes le 31 mai.
Je sais que tu es là.

30.05.2018

Allées de marronniers ; lumière
Les enfants, les passants, passent
(et même les pigeons)
et même les marronniers dans la beauté du monde
Lumière et mouvent, lumière et mouvement
Ce « me » furtif m’émeut.

27.05.2018

la poésie est un état 
parfois des chemins s’ouvrent 
n’écoute pas ceux qui parlent de poésie 
mais lis ceux qui l’écrivent  
il y a une différence  entre feu et feu 
certains s’enflamment,  
parfois les chemins sont redoutables
mais on trouve toujours quelques pensées qui l’égaient de leurs couleurs
assemblées
et, un échafaudage, n’est pas non plus le signe de mauvaise santé
au contraire, c’est un manque d’attention qui préoccuperait 
dans la brèche  
les coquelicots ne disent rien
On finit par voir un soleil,   
un soleil gigantesque dans un ciel dégagé
si tard sur la route que les corps n’ont plus d’ombre   
   

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