Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Catégorie : Poème(s) (page 1 of 10)

04.12.2019

Comment habiter l’espace ?
Tant de fils
Tant de fils autour de soi
Et cet espace autour, inaccessible 
Autour, autour de quoi 
Quoi quoi, quoi quoi le corps cocon 
Et cet espace autour, inaccessible 
Autour, autour de quoi 
Quoi quoi le corps cocon 
Tant de fils autour de soi 
Tant de fils, et cet espace autour, autour de soi (e) 
Est-il un silence qui le contienne ?  

 

30.11.2019

Dans ma vie, je n’ai pas de place ni pour un livre ni pour un poème.
Le silence s’arrache au prix d’un grand silence 
Je (  ) regarde mon espace, restreint, et ma bibliothèque 
Tous (les livres) s’entassent comme (des) chemises (, ) froissées, jetées dans un bac 
Le grand jour n’est point venu : le Pierrot me tourne le dos (  )
(Je) vis dans une feuille : je la crois volante. 
Tandis que le corps creuse ses galeries partout (  ) partout.
(  ) L’électricité marche encore
La plante est vigoureuse.  

04.11.2019

Chaque fois que je prends le métro, 
je me rappelle ô combien j’ai la chance d’être joyeux  
mais, peut-être que tous ces gens autour de moi portent-ils des masques de fête ?
que les regards se concentrent à ne rien dévoiler de la fête ?   
qu’ils font mine de ne pas voir mon sourire, mes clins d’œil,
trouvant plein de prétextes — toux, rictus, écrire un message, rictus — oh oh 
finalement le métro est une grande fête 
et nous attendons l’arrivée de la Nuit 
pour nous dévêtir.

 

29.09.2019

Quand les illusions sont tombées, que reste-t-il ?
La fin d’une tasse de café ; un sourire
(accueillir ce qui vient) 
Accueillir ce qui vient
Lustrer la seconde comme une goutte
Avoir la vue courte, saisir le loin 
Sourire, et ne pas oublier le centimètre qui fait la différence.

 

27.09.2019

Ai-je le droit d’être moi-même ? te demandes-tu
assis-toi au milieu de la pièce
laisse-la te chuchoter
en fermant la porte-hier
Le corps est lourd de tous ces souvenirs qui encombrent
le corps,
comme un coffre trop chargé
Comment se délester
quand ces souvenirs appellent leur direction  
quand d’autres s’offrent à soi comme une poire mûre.

 

18.09.2019

L’homme dit un poème
L’homme dit un poème silencieux
un poème que quelqu’un entend distraitement
un poème fait avec des (e)
un poème en équilibre
L’homme dit un poème en équilibre
Bientôt le regard de l’homme dessine une ligne
et ses bras imaginaires se déploient
Et bientôt, toute la vie tient dans son poème
dans son poème, en équilibre
Le métro tangue le métro freine
Le métro tangue le métro freine,
la vie le poème le poème tient en équilibre.
Parfois l’homme s’absente. Puis, il ouvre grand les yeux.
Puis il les ferme, sursaute, une boule tombe dans sa paume, bondit, manque de la faire tomber, bondit, manque de le faire tomber, ouvre un grand sac, l’enfourne au vol et sort.

15.09.2019

Je suis assis dans un train
Un voyageur regarde par la fenêtre
tandis que, objectivement,
nous sommes nulle part ;
mais peut être que le voyageur
regarde par la fenêtre,
qu’il écrit un poème sur le nulle part
Le train ponctue notre voyage de destinations.

15.09.2019

Je suis assis dans le cimetière 
La porte des mondes s’ouvre. Je deviens tout petit.
Je deviens plus petit que les moucherons qui volettent autour de moi  
Je deviens plus petit que la feuille de peuplier, qui tombe par terre,
que le mégot de cigarette porté dans la rigole. 
Savoir à quel moment ouvrir les yeux comme on sort les mots d’un rêve 
savoir à quel moment fixer la parole,  
tandis que la porte des mondes est béante et que le monde ne dit rien. 
Laisser les milliers de paires d’yeux aller, 
décharger le coléoptère de son poids, qui traverse la route ;
Se remplir les poumons, comme d’autres s’emplissent les poches, 
gaspiller l’or des tilleuls, et le vent frais ;
Il resterait un regard, un regard plein,
ayant plus d’insistance que n’importe quelle autre durée,  
un regard qu’aucune chute ne pourrait soumettre. 

 

12.09.2019

Je suis libre,
mais que veut dire cette phrase ? 
Je connais la gangue qui étouffe chaque voyelle ;  
je connais la douleur qui enterre la plainte ;   
je connais le croc qui tiraille les entrailles ;
je connais le deuil et l’entrave ;
je connais le geste qui consiste à mettre une paille dans le nez, pour respirer ;
Je connais aussi la beauté, dont le silence est plus grand que tout ; 
Je suis libre de m’asseoir et de lever les yeux.     

 

05.09.2019

Chaque poème est une conquête
Un morceau de terre,
de vase ou d’argile, ramené ici
Sans savoir si ce qui fleurit sur ce morceau de terre 
Est le poème lui-même.

 

« Older posts

© 2019 Raphaël Dormoy

Theme by Anders NorenUp ↑

%d blogueurs aiment cette page :