Littérature, écriture

Catégorie : Poème(s) (Page 1 of 12)

03.08.2020

Le chant de l’oiyeau 

Manger les mots manger le monde
Manger les mots manger le monde
Manger les nuages la terre le soleil les vivants les nages la terre le soleil
l’horizon lon le l’ion le zion rizon mais
Cracher l’oy du s’leil.
Manger macher manger macher
Acher le s’leil les vivants, hacher achat, cheter chever mais où la mets-je l’image maintenant que l’écran fond avec la la neige et le spectacle.
Ondes vertes Ondes vertes Tout va bien !
La peau du poulet cuit, croustèle, et soyons digne de la colère cet autre croq !
La peau croustile, croq et cocorico ne te blesse,
Tout doux le gentil croq : Alors trou va bien.
Macher le mur macher les terres, jou ! et construire des routes et des tours, des routes et des tours, partout partouze de lumière,
et des trous truelles et truies ruelles, des ports et des portes sur nos têtes
pour se cacher du noy de s’leil et de la lune.
Et chacun dans sa tour Et chacun dans sa noue
Et chacun panse Manger mâcher ce qui reste la terre la traire la taire jusqu’à ce que ce qu’il reste c’est le bout de ses doigts de ses droits de ses ongles de ses onges, à cracher le bout de son aile puis c’est l’appeau puis c’est les eaux toutes les os contaminés à les pisser prisser par l’urètre.
Puis il reste quelques pensées parmi les ris parmi les par milliers
parmi les iens parmi les ni parmi les os parmi les ailes parmi les nids, il reste – “Oh”
Mais comment les sembler ?
Ce n’est pas comme la route ou la tour ou le trou où il suffit de truire et de struire
De sangler les mules et de les sembler de formules
De struire et de truire de machiner de Chine et de strousser le monde
Non ce ne sont pas non plus les streumons de ces tiquescientis qui stroquent l’alphabet pour faire des champs des chias des chameaux à tête de chats
et des hommes à tête de porc, ce n’est pas si simple l’amour
Ce n’est pas cracher l’oy du s’leil dans l’mur.
Alors quoi Alors quoi puisque tout est là et puisque plus rien est
Zyeuter le croq et l’aplumir ? faire croi chaque fois que l’autre croq fait sens
ou sucer le roulet du bourlet pour lui faire compagnie ?
N’est-il pas d’autres ien iens pour se faire une chaise avec ou sans trou mais tour honorable ?
Ah
Pour perdre tout espoir il eût fallu manger l’oy du s’leil jusqu’au dernier ieu de la terre
Mais il reste l’oy
Il reste l’oy et le chant d’un oiyeau.

02.08.2020

Peut-être est-ce une question d’adresse, 
Mais quand l’adresse est exacte ? 
Peut-être que la pendule ne balance pas assez, 
Pas suffisamment fort, sur son axe, dans le pièce vide.
Les rêves pourtant défilent
rendant la réalité moins réel que le rêve.  
Est-il un signe ? un ami ?
La lune ne dit rien, elle non plus. 

 

26.07.2020

Le livre est posé sur la table
Que dirais-je de plus ? Que puis-je dire de plus.
Le chemin est ardu.
À y voir de près, il se passe même de chemin.
Le livre est posé sur la table.
Les noix et les amandes sont posées dans l’écuelle.
Il me souvient un morceau de mon rêve.
Les noix et les amandes et l’écuelle.
Les noix et les coques de noix, l’écuelle et la coque.
Le livre est posé sur la table à côté de l’écuelle.
Que se passerait-il si le fil des cigales sautait ?
C’est une vieille machine à coudre, une Singer 191B,
et parfois le fil s’ôte ;
Bien mouiller le bout, l’enfoncer dans le chas.
Et, dois-je garder les tourterelles qui s’essaient sans effet ?
Et que faire de ce que la pensée laissera dans la nuit faute d’avoir su la toucher ?
Si j’enlevais le vent, si j’ôtais la cigale, si j’enlevais la mer, et si j’ôtais la colline,
et si j’ôtais la cloche du village, et si j’ôtais le reste, tout le reste, il resterait l’écuelle, l’écuelle en terre cuite, qui contient l’écuelle et la table, les noix et les amandes, le vent et les collines, la mer et les cigales, et tout ce qui m’invite à cet instant à me taire et me recueillir en elle.

27.07.2020

L’olivier regarde la colline  
Il se penche 
Les prêtresses du temps les cigales s’activent depuis le jour
qui prend fin ce soir.  
Ici chacun s’affaire
Même si le temps n’existe pas. 
Tous les jours ont été ôtés, te souviens-tu.  
Ici, rien ne fait rien.
Et si l’olivier porte encore son nom 
Est-ce peut-être en forme de troc avec celui qui regarde.  

 

24.07.2020

Le lourd débit, ici on n’entend rien.
Je m’accroche à la vie comme une algue. 
Accepter d’être cette eau ; de croître modestement.  
La chaise du penseur restera vide.
Parmi les guêpes, le chardonneret élégant est un lointain messager.
Et l’aune s’est fait un nom à même la roche. 
J’aimerais vivre un peu plus haut.  
Tous les hommes ont un destin de bête.
Tout en bas de l’échelle, les égorgeurs de rivières.
Tout en haut les papillons. 

 

22.07.2020

Où cloîtrer le temps ?
Entre les deux platanes ? entre leurs feuilles ?
Entre les mains du vieux monsieur qui passe et repasse.
Dans les gestes de la serveuse qui déplie les tables.
Dans les coups lointains de marteau-piqueur.
Dans les chants de cigales, qui font vibrer la place.  
Place ronde, mon regard saisit le temps.
Les poissons tournent dans le bassin,
Les voitures tournent autour de la place,
Et l’enfant soulève la poussière avec son aiguillon.

 

14.07.2020

Regarde. Arrête-toi. 
Respire. Il n’est personne autour de toi. 
Ou si peut-être : Lierre pourpre, berbéris des aïeux, cerisier de Sainte-Lucie, 
toutes ces plantes que tu nommes pour la première fois, que tu longes ici.
Ou si peut-être. Tous ses corps qui comme autrefois, mais tu l’avais oublié, marchent autour de toi,
animés de cette part non visible, o combien manifeste.   
Je vois ! J’avais oublié ! Je verrais ailleurs 
la tendresse de la matière, 
et tout ce que ma langue a tant de mal à saisir, cueillir, baiser,  
prise au piège le reste de l’espace et du temps de la lumière.   
Mais vois ce banc. Souviens-t’en.
Assieds-toi dans la nuit. 
Que le monde est exotique.  

22.06.2020

Il y a quelque chose de merveilleux, 
un étonnement renouvelé à arpenter la Terre, 
Peut-être que le miracle de ce tout qui nous entoure,
de tout ce qui est, 
de ce qui me traverse,
tient-il dans cet étonnement ; 
Que tout est là, oui !
dans l’étonnement de la pierre à être pierre, 
dans l’étonnement de l’arbre à être arbre,
tandis que mes pas arpentent le sentier.  

 

14.06.2020

Tout va bien.
Est-ce la pointe du silence
sur la mer du rien ?
Peut-on nommer rien ce qui entoure ;
Où le verre n’est ni dehors, ni dedans
Mais posé sur la table.
On pourrait boire, mais le corps désaltéré peut le remplir à nouveau. 
Tout va bien. 
Les mots seraient au pire un glaçon 
quel autre usage, ici et maintenant ?
Les laisser fondre.  

 

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