Titre : Bal de viande
Genre : récit, nouvelle, littérature, funk
Mots : 4 000


Bal de Viande est une nouvelle funk qui prend source et digressions dans le souterrail tokyoïte. J’emprunte le mot « souterrail » à Jules Verne, pour le reste l’atmosphère, le motif, sont issus du Japon. Je passe mes journées à courir dans les tunnels, montre en main. Le Japon est-il funky ? That’s the question. Deux univers sont à mettre en corrélation avec cette nouvelle, l’un littéraire, l’autre cinématographique : Le Théâtre et son double d’Antonin Artaud, et le film Electric Dragon de Sogo Ishii visionné dans une obscure salle tokyoïte. C’est free jazz et c’est funk.


Comptées du bout des doigts du gant blanc elles étaient sept, les minutes de la sixième heure, qui avaient incrusté les murs sous leur peau, sombres encore, des résonances froides régulières métalliques de leur voix vive et dont l’écho, toujours, vibrait du mouvement des horloges assurément pensantes. Elles, clouées aux murs comme autant de croix, en chaque place de l’immense dédale souterrain macabre, jetaient à hauteur d’yeux le sentiment troublant d’une vie, en propre, en même temps que l’espace, de la façon d’étendre le chuchotement de leur mécanique, semblait les circonvenir de la conscience d’un seul monstre. Aux horloges du souterrail, il était donc cinq heures passées de sept minutes précisément quand surgirent, d’entre les mailles de l’obscurité déclinante, d’impromptus bruits de pas. 


Baldeviande

Raphaël Dormoy