Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Author: rd (page 1 of 11)

14.10.2018

La lune pose 
le grand paysage 
C’est le grand soir 

 

06.10.2018

Chaque soir le ciel 
jamais le même et pourtant 
le même présent 

26.09.2018

Je ferme les yeux, 
Je ferme les paupières sous le soleil.
L’environnement retrouve sa clarté.
Les cris d’enfants, les joies de pelles, retrouvent leur clarté première. 
Les bruits s’entremêlent dans cette clarté joyeuse.
Un instant suffit pour tout perdre,
pour voir le château disparaître.   
Mystère enfui, enfoui sous les sables.  

 

07.09.2018

Fenêtre entrouverte, le houx luit autrement. Le houx, dans l’entrebâillement de la fenêtre, propage un peu de son éclat dans le houx de la vitre. Ce n’est pas le même, dirait-on, qu’autrefois. De même il en va des troènes, dans la fenêtre entrouverte, dont les branches bougent derrière celles du houx, lentement. Si le vent était langage, réussirait-il à mouvoir ces lettres? Fenêtre entrouverte, chair du monde. 

La Coulée verte

Coulée verte, je monte les marches,
pissenlit comme soleil, Paris me voici !
Chuchotements, ô merveille :
Attention, « Sol glissant par temps de pluie », la prudence est de mise,
De fleurs en fleurs, de bac en bac, je vole parmi les amoureux du pont,
Pin-pon cloche, pin-pon cloche ;
Un homme assis sur un banc voudrait brunir encore,
Septembre, les derniers rayons, voyez-vous.
O langues, ville cosmopolite, pigeon bariolé ;
Les rosiers dans la foulée font des fleurs de toutes les couleurs,
Arbre à papillons, nous prenons de la hauteur ;
Dans les maisons qui bordent la coulée, les fenêtres sont comme chrysalides, ouvertes,
Les amoureux contemplent dehors;
Les tilleuls sont les premiers à se vêtir d’or,
Une liane de glycine, en quête d’à venir, croise le regard,
Un homme assis sur un banc boit sa canette.
« Ici, nous faisons pousser la flore naturelle » :
Bananiers, feuilles mortes, graminées ;
Sur le pont l’ouvrier s’est arrêté, s’est accoudé parmi les bruits de scies.
L’instant résistera-t-il ?
On entend des pas de promeneur : ô forêts ! oeil  gravé dans l’écorce,
Que vois-tu, que voit-on ? Quel avenir lirons-nous ?
– Branche morte, mais encore ?
L’eau des longs bassins fait des lents remous vers nous,
Eau saumâtre, verte, les amoureux s’y mirent,
Tous les moineaux sont cachés, on les entend quand même ;
Fruits non soupçonnés du présent,
Quel avenir lirons-nous ?
Une femme surgit en fauteuil roulant,
Une autre arrive avec une poussette vide,
Tandis que cette autre nous double, pleine d’espérance.
Les pas du promeneur résonne, voyage immobile parmi les brins de conversations que le courant emporte.
Voyez l’à venir : monde chargé d’or.
Pourquoi s’y rendre, il vient à nous.

07.09.2018

02.09.2018

Le bourdon se pare 
d’une robe délicate 
fleur de sauge 

25.08.2018

Être vieux, c’est être moins souple,
Plus d’accès.  
La lune est cachée par le parasol. 
C’est la même nuit, le mystère en moins.
Être vieux, c’est attendre dans un paysage qui sert de décor 
Sans horizon, ni trompe-l’oeil, 
Et ordonner ses affaires 
dans l’attente d’un grand voyage
où tout restera à quai. 

 

22.08.2018

Certaines zones sont difficiles d’accès. La nuit qui survient est comme une couverture. Chaque bâillement est une épreuve, qui vous enfonce un peu plus dans la nuit ; un peu plus dans le loin ; un peu plus dans l’absence. Chaque bâillement vous fait perdre en force ; il faut le double ensuite pour surmonter le suivant. Le corps est déjà dans les rêves, a déjà basculé. C’est une chute. Durant la nuit, c’est une chute ; comme un courant d’eau qui vient taper les contours de rochers. Le rêve fait jaillir profusion de rêves. En ouvrant les yeux, c’est la mi-nuit : c’est l’obscurité, le grand silence. Le corps se croit régénéré. Le chat alangui sur la couverture ne pipe mot. Son ronronnement invite à replonger la tête dans la taie. Le corps se rendort. Le surlendemain, c’est la même faille : une seconde partie de la nuit aussi riche que la première, avec un débit de rêves qui vous porte à l’épuisement ; avec de drôles d’équations sans résolution possible, qui vous portent jusqu’au petit jour. Les yeux clignent. Le soleil est déjà haut. La maisonnée s’active. Vous sortez du lit, épuisé. Par la fenêtre, en bas, au pied du muret, on peut voir le lavoir ancien, riche de verdure, sec à la lie. 

18.08.2018

C’est une allée, un parc, un jardin. C’est une invitation à s’asseoir. Une fontaine coule à côté du banc. Le banc est situé dans la partie la plus reculée, la plus ombragée, du jardin. C’est le séjour des hortensias. Une lumière douce caresse les vêtements. Le badaud qui s’assoit profite de la fraîcheur, des plantes que les rayons du soleil touchent, de la fontaine qui clapote, et des buis sculptés, l’un en forme d’hélice, l’autre en forme de sphères, de la plus grande à la plus petite. Trois tritons séjournent dans la fontaine, rocaille. L’esprit flotte, à moins que le jardin ne flotte lui-même. Lumière accentuée par le calme et calme accentué par le bruit des jets d’eau. L’esprit finit par se déplacer, ainsi que le jardin, ainsi que le monde. C’est un ici qui se délie de la fiction. L’esprit peut goûter toutes les saveurs du monde qui s’offrent à lui comme faisceaux d’indices et de délices. Le monde n’est plus représentation du monde. Et le corps n’est plus à côté du monde, mais dans sa part la plus obscure. À cette mélodie que les tritons font jaillir, s’ajoute, entre les rideaux d’instants, le chant discret d’un merle. Dieu, quel paradis. Le gardien s’approche du promeneur, du rêveur, et dit à l’homme de bien de retrouver ses esprits, le jardin, qu’il est l’heure de quitter, de se lever, que le jardin va fermer.

11.08.2018

« Soyez terrestre,
élevez-vous », disent les mouettes.
Les moineaux, à hauteur de ciel,
de nuage, de chaises
veillent au grain : sable ! soleil !
Il me souvient de l’enfant,
ancré, ancré,
mais quel âge avait-il,
quel âge terrestre ?
qui déroulait son fil, entre ciel et mer
Puis déployait ses ailes,
son cri.

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