Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Category: Poèmes à l’enfant (page 1 of 2)

10.05.2018

Pour l’enfant, les minutes sont longues. Mais pour celui qui se rend à destination, que valent les secondes ? Que valent les minutes, les secondes, que le train consume dans sa course folle ? Nous allons plus vite que les nuages. Avec mon fils, nous regardons l’heure. Mais les chiffres sur le cadran ont perdu leur pouvoir. L’un succède à l’autre. Avec mon fils, nous regardons les nuages. Chaque nuage pourrait avoir valeur de mesure du temps : où la seconde minuscule se disperse, tandis que la longue heure nous accompagne dans le voyage. L’arrivée et le départ. Nous l’avons fait dans les deux sens. Il n’y a pas de bout. Que faisons-nous de cette attente ? Vois-je les secondes qui s’échappent ou suis-je concentré sur les minutes qui me sépare de l’arrivée ? Somptueuses minutes, somptueuses secondes, amassées dans le ciel, présent que le jour emporte.  

21.04.2018

un jour d’avril 
avec mon fils 
bientôt les pivoines 

07.03.2018

les cloches
les enfants
les balançoires

07.03.2018

Tout ce temps perdu
toutes ces années volées
à l’enfance de l’homme
nous marchons dessus, avec mon fils
et nous rions

30.01.2018

Aujourd’hui on est allés voir la Seine
on a mis une bougie
on a vu le cerisier d’hiver
en fleurs
on a regardé les abeilles
on a enserré un arbre
un gros, un grand un petit
on a couru
on s’est cachés,
la veille on a planté un arbre,
la Seine est en crue.

11.06.2017

Je voudrais écrire
je voudrais écrire un poème d’amour,
mais mon fils est entre mes bras
Sa tête est collée à ma poitrine
et sa jambe est contre la mienne.
Je voudrais écrire un poème d’amour,
je l’entends respirer.

27.04.2017

Aujourd’hui, mon fils faisait des bulles de savon
tandis que je lisais un poème, à voix haute, pour lui
un poème de Brautigan, je ne me rappelle plus lequel
il m’a dit cent fois « je t’aime »
Cent soleils sur ma peau
comme cent kilos naissant des mers.
Ce matin, il a fait toute la famille.

26.06.2016

le merle veille 
sur le sommeil de l’enfant 
dimanche au clair

24.02.2016

Mon fils est une ancre — d’amour,
une baleine blanche. 
Et lorsque le courant m’éloigne, 
que la nuit me happe dans son antre sans fond, 
son chant me rappelle ; 
moi le petit poisson qui revient me blottir contre lui.     

13.01.2016

Nul signe — et pourtant. Cela s’arrêterait ici. Mais il manque un rivage, un endroit où déposer l’étranger, un lieu où il puisse respirer — avec nous, — synchrone, à pleins poumons. Un lieu qui lui rappelle l’état et non la traversée. Un point fixant la mémoire, une partie du trésor quand ce dernier vient à manquer, que le soleil s’éloigne, et que la nuit nous enfonce plus en elle déployant ses pièges.  

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