Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Catégorie : Poèmes à l’enfant (page 1 of 2)

01.02.2020

L’époque colle à la peau, comme une boue  
malodorante. Les enfants courent sur le chemin
avec leurs lumières qui courent dans tous les sens.
Souviens-toi du volume, de l’ère de la nuit ;
Et les mots qui restent, il faut les espérer sincères, bien secs,
Et les voir tomber comme on tape des semelles.

 

03.08.2019

Grandir sous les tilleuls, avec leurs feuilles vertes tantôt argentées ;
Grandir avec la lumière qui se fraie un chemin sur la couche de copeaux,
parmi les feuilles qui étendent le spectre de la couleur : ocre, terre, jaune ;
Grandir au pied d’un platane en écoutant les enfants jouer ; 
Grandir encore.

 

13.07.2019

Au bord d’un nuage :
je pensai que mon fils m’avait lancé une pierre,
mais c’est un oiseau. 
Et, ce que j’ai pris tout à l’heure pour un déchet plastique est un papillon.  
Au bord du même nuage, un vigoureux frêne m’instruit 
— ses branches, sa lumière, —
tandis que mon fils est entré dans l’eau du canal, 
montrant les poissons autour de lui ;
On ne se lasse pas des miracles.

 

10.02.2019

A travers la vitre 
Le bel éclat de lune 
Mon fils grandit 

05.01.2019

Les enfants 
Le spectacle 
Les enfants 

01.01.2019

Faire des selfies avant la mort,
ou regarder le ciel.
Mon fils creuse le sable.
Ne plus être vraiment là : 
l’esprit, les coups de trop ; mais hors soi. 
Le monde est une épaisse couverture et les arbres du jardin seraient mes poils. 
Le monde est une question de distance,
Mon fils m’apporte une pâquerette.

11.08.2018

“Soyez terrestre,
élevez-vous”, disent les mouettes.
Les moineaux, à hauteur de ciel,
de nuage, de chaises
veillent au grain : sable ! soleil !
Il me souvient de l’enfant,
ancré, ancré,
mais quel âge a-t-il,
quel âge terrestre ?
qui déroulait son fil, entre ciel et mer
Puis déployait ses ailes,
son cri.

10.05.2018

Pour l’enfant, les minutes sont longues. Mais pour celui qui se rend à destination, que valent les secondes ? Que valent les minutes, les secondes, que le train consume dans sa course folle ? Nous allons plus vite que les nuages. Avec mon fils, nous regardons l’heure. Mais les chiffres sur le cadran ont perdu leur pouvoir. L’un succède à l’autre. Avec mon fils, nous regardons les nuages. Chaque nuage pourrait avoir valeur de mesure du temps : où la seconde minuscule se disperse, tandis que la longue heure nous accompagne dans le voyage. L’arrivée et le départ. Nous l’avons fait dans les deux sens. Il n’y a pas de bout. Que faisons-nous de cette attente ? Vois-je les secondes qui s’échappent ou suis-je concentré sur les minutes qui me sépare de l’arrivée ? Somptueuses minutes, somptueuses secondes, amassées dans le ciel, présent que le jour emporte.  

21.04.2018

un jour d’avril 
dans le jardin avec mon fils 
bientôt les pivoines 

07.03.2018

les cloches
les enfants
les balançoires

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