Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

24.11.2022

Quand une personne s’assoit près de vous il arrive que 
Il arrive que 
Les yeux peuvent rester fermés vous ressentez
sa présence
Un fluide vous traverse le corps 
Du côté où la personne est assise près de vous
du mollet jusqu’à la nuque. 
Et son rire est comme un éclat d’étoile qui vous chatouille l’oreille. 
Vous pourriez vous sentir gêné de rester là
sans paroles
Mais vos corps semblent se connaitre. 
Le soleil fait une boule dans le ciel blanc 
et dans le ventre. 
Je me suis levé, nous nous sommes dits Au revoir 
Elle avait un manteau rose dans le ciel blanc
et deux mirabelles.

 

 

07.11.2022

On croit se rendre au même endroit,
mais d’autres sont déjà loin et haut. 
La jeune fille dans le train, en face de moi, à quelques sièges du mien, se tient penchée
Dos penché visage penché, elle
regarde loin. 
Elle sourit. Puis se sentirait nostalgique et quittant sa posture penchée 
l’inquiétude a envahi son visage elle se mord les lèvres, et regarde entre ses mains avec sérieux. 
Et moi ? Et moi je suis assis dans le train de ligne C, qui me conduit au travail. À quelle endroit se situe-t-elle dans ma paume de main, cette ligne ? 
J’ai laissé mon fils à l’école ce matin et je le retrouverai ce soir. 
Nous sommes le lundi un 7 novembre. 
Et le paysage est lui aussi traversé de lignes fermées, qui traversent la lumière, qui la transportent, d’un point vers l’autre. 
Elle ne lève plus les yeux. Notre train dépasse un autre train .
Les nuages ne disent rien, sinon le temps qu’il fait, mais les yeux restent ouverts. 

05.10.2022

Rendre son temps plus excitant.
Ici, ce sont les (lents) nuages qui passent devant ma fenêtre. 
Je cherche ailleurs :
Accompagner (ce matin) mon fils à l’école.
Je cherche encore : 
Allumer une (belle) lampe.
Je cherche en plus  :
Voici donc – toute ma richesse !
Je ne pourrai vous rendre la monnaie, 
mais un ou des rêves.  
 

13.10.2022

L’effroi survient quand j’ouvre les yeux. Non la paupière, les yeux. Je suis dans le métro, dans le wagon, dans la rame. Ne devrais-je pas dire l’arame ? Je suis dans l’arame tandis qu’une voix enregistrée débite des noms de stations qui me font croire que je suis dans la rame. Mais quand je suis dans l’arame, je découvre être parmi des hommes qui comme moi se dirigent vers une station inconnue, parfaitement sue. C’est un cauchemar. Car je découvre alors être entouré d’hommes. Pas un mot. Croisons les doigts. Qu’ils n’aient pas vu que j’ai vu. Est-ce contagieux ? J’ose à peine regarder mon reflet, mais je sens bien qu’un autre sommeille en lui, que dis-je qu’il regarde lui-aussi le monde d’un oeil morne, triste et froid. Que son épiderme laisserait paraître une cuticule épaisse, reptilienne. Qu’il vous croquerait le portrait avant de l’avoir esquissé. Ah damned ! Un lac, vite un lac ; d’un ample pas souple, que je puisse rejoindre les miens.  

 

29.09.2022

Toujours là, à portée de doigts, à portée de main. D’autres partent ce soir. Pas moi. Pas moi encore. Allongé je ferme les yeux. Je pense à la parenthèse du jour, au point du sommeil, au paragraphe du rêve. Espace blanc et reste une promesse. Certaines mémoires proches arrivent déjà au seuil de l’existant. La vie les emporte presque au bout. Le soleil se fait tard. Nous chercheront-elles une fois parties ? nous retrouveront-elles ? Et de quelles manières ? D’autres ont quitté sans laisser de trace ni d’adresse. Mais il vient parfois quand même un enfant qui vient poser sur leur tombe une fleur. Dans le cimetière, le tulipier de Virginie délivre ses feuilles d’or à qui veut les voir ou les entendre. Que restera-t-il de tout ça ? Peut-être un poème.

 

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