Le brouhaha
L’arbre à sansonnets
Remet au monde
Fleur de sauge
Le bourdon d’automne
Le coeur ploie
ou
De sauge en sauge
Le bourdon d’automne
Mon coeur ploie
Ah
Il pourrait dire Oh
Qu’est-ce que la chose change si ce n’est l’ouverture d’un rêve par la seule question qui fut posée
Où la structure du réel se situe-t-elle si c’est cette variation qui la vérifie dans sa stabilité
Nous serions loin de connaitre le moi profond
À présent que la plaine est recouverte d’herbe.
Jusqu’à :
Il faut voir la force du mot, son risque.
« Mais » agirait comme un ressort, de sécurité.
Il se peut que la démonstration dépasse le cadre
Mais notre somme nous rassure.
Il semble acquis que le signe saigne
Qui le recoud ?
Qu’est-ce qui sauve le mouvement sinon le mouvement lui-même
— barbare, archaïque.
La lune s’est adoucie
Elle aussi
Au chant du grillon
A le son A
Pourquoi le son A s’écrit A
Pourquoi le son A s’écrit le son A
A, que vois-je en prononçant cette lettre
Qu’est-ce que je prononce, la lettre ou le son
Laisse tomber, dit-il en me claquant sa main sur l’épaule
Ah, lui réponds-je.
Ah
Souder les deux lettres pour exprimer la surprise
On s’en souviendra
Elle restera dans le champ
Elle restera dans le pré
Ou tout autre endroit où l’interjection serait posée
Mais comprendra-t-on la surprise
Ah dans le champ
Ah dans le pré
Alors qu’elle remontait à sa source.
:
Par quel bout les prendre
Il resterait un siècle, une éternité, un instant plein, l’étrangeté ne faiblirait pas
Celle qui nous ramène : au même lieu.
On ne saurait trop quoi faire des lettres restées en poche.
On tenterait une virgule, découpée au canif, les points comme autant de noyaux de cerise déjà sucés
L’endroit ressemblerait à une forêt luxuriante, mais tempérée, d’une hospitalité douce ;
L’endroit ressemblerait au lieu banni de cette même hospitalité avec, autour d’un arbre mort, une chaise en tissu, poussiéreuse et, sur le sol, tout plein de débris jusqu’aux routes goudronnées qui enserrent l’espace ;
L’endroit garderait sa forme intacte.
Nommer nécessiterait l’abandon du trophée
Un plein, il me demande :
Après je m’en vais.
A, je dis A
comme un autre dit Ah
Mais qui te dit que je dis A
Comment l’écris-tu ?
Le cintre fait bouger le ventilateur.
Même adresse :
Je suis entre le corps et la pièce
Je suis la pièce
Je suis la pièce par ce qu’est ce bruit
Et que mon corps est ce bruit
Après, je me la représente
C’est peut-être mon erreur :
Chaque mot me conduit à son hôte :
Mon bureau, le lit.
Mes yeux sont fermés,
L’obscurité est.
Dans quelque instant je ne serai plus ici
Mais dans le sommeil ou le rêve.
