Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

Catégorie : Poème(s) (page 2 of 8)

27.03.2019

Chaque poème nous rapproche du monde 
Le monde blanc émerge
et le poème émerge d’un long silence
Lumière (.) Puis cela devient une habitude 
Nous nous déplaçons d’un point à l’autre (lumière)  
et les flaques d’eau sont légion
puisque le poème p (.) eut ( )

23.03.2019

Torches vives, les forsythias alignés sur le boulevard Saint-Marcel
sont les torches du printemps.
Lorsque la lune brillera dans le ciel, 
parmi les galaxies de fleurs des orangers du Mexique, il sera temps de rallumer les étoiles. 
Les corètes du Japon, sur le boulevard Saint-Marcel, exhibent leurs louis d’or devant les promeneurs,  
tandis que le cerisier daigne jeter un pétale à mes pieds.
Diantre, quelle richesse ! 
Le houx garde jalousement ses baies. 
Parmi les jolies passantes, les tulipes rivalisent avec leur robe, plus légère, 
Le boulevard Saint-Marcel offre aussi aux travailleurs du ciel des auberges de saison : Myosotis, muscaris, véroniques, etc.
Le boulevard Saint-Marcel offre plus de richesse qu’une année de labeur ne pourrait contenir 
O hommes, ô nues mains, courez vite sur le boulevard Saint-Marcel planter des lampadaires jusqu’au loin, qui éclaireront les richesses à venir.  

24.03.2019

Le cerisier en fleurs, du cimetière, répand ses pétales, en tout sens 
Le même cerisier que je retrouve chaque année ;
J’ai l’impression de fleurir quand je te vois, quand je reste près de toi, 
Il est doux de voir les pétales se former, tomber, 
tomber, aller, quel miracle, avec indolence,  dans le ciel,
parmi le ballet des pies, les pirouettes langagières du merle,
ou le furtif pigeon ramier, dans son battement d’ailes, 
ou le passereau, au contact de ton écorce, noir aveugle, rugueuse ;
Fleurir, encore et encore, tandis que la vie passe, 
légèreté dans un monde léger,
plus léger que la mort, recouvrir les tombes ;
Le cerisier respire.

24.02.2019

Attraper le soleil,
ses gouttes de lumière sur le front penché ;
le corps penché, entre
les images de marais, les reflets sur le plan d’eau ;  
Se redresser, à mesure que la mer monte, dans le canal,    
tandis que « oui » les passants 
passant derrière devant le banc « attendez, revenez »
« j’ai une bête dans le nez » 
tandis que « mercredi rebelote »  
l’eau monte
tandis que « ça sent la vase  » les coques se redressent
« donc tu vois il bosse chez Carrefour »
tandis que le soleil décroît « non mais en même temps, les mecs sont graves » « ils savent très bien » « c’est des blaireaux c’est tout »,
prendre le large.

Jetée Jacobsen, Noirmoutier

23.02.2019

Et le vent élevant
la mouette sans effort 
de rires en rires 
dans les marches du ciel  
Festin des grands jours.

02.02.2019

La bouche au bout du pied, 
l’élan dans la langue ;
Vois ces roses que je porte à ma mère, près du coeur  
Je descends l’allée des marronniers 
O grille – les broussailles jettent leurs branches à travers elle,
et scandent : Vive le printemps ! 
Vive le printemps ! 
Arbre qui fait au ciel des figures, inouï,
figées :  une athlète, un danseur.
Printemps proche, proche printemps. 

28.01.2019

Le tabouret n’a pas changé de place
À moins qu’une autre personne s’en soit saisie
Pour le remettre au même endroit.
L’endroit n’est pas fait pour s’asseoir,
mais l’endroit est un peu plus loin du passage.
En ouvrant un livre, à cette place, le lecteur ferait l’expérience 
d’une ligne  qui sépare le lecteur du dehors,
– Et peut-être le lecteur éprouverait-il ce dehors ? –
Cependant qu’en levant les yeux, il verrait un point sur la vitre 
qui lui rappellerait l’existence même de la vitre 
dans laquelle le monde est écrit qu’il est écrit.

Poème, les fleurs

Les fleurs, ça ne dit rien
Ça ne dit rien des fleurs qui m’ont fait dire « les fleurs »
Les fleurs
Elles sont de toutes les couleurs,
mais ça ne dit rien de leur couleur
Ce n’est pas tout à fait vrai :
elles sont dans les tons pastels
Quel est leur nom déjà, à quoi ressemblent-elles ?
Tout ceci ne dit rien des fleurs qui m’ont fait dire « les fleurs »
et qui font que je les regarde encore ;
et tout ceci de dit rien du vent qui fait bouger leurs pétales
et leur tige.
Tout ceci ne dit rien des fleurs que je regarde
Qui donc les a aimées ?
Qui donc les a plantées ?
Combien sont-elles au mètre carré ?
oh, c’est un grand mètre carré
au moins ça par ça que j’aurai étiré ;
Que n’ai-je point fait au coeur de l’hiver
de venir me substanter, comme d’autres de votre nectar,
moi de votre beauté.

09.01

05.01.2019

Les enfants 
Le spectacle 
Les enfants 

28.12.2018

Il y a peut-être, toujours, ce désir renouvelé
de voir les choses 
des prisons
nous nous infligeons des prisons, 
certains se les infligent avec un grand jardin, d’autres avec un espace minuscule, 
nous allons d’une prison à l’autre, en attendant la délivrance ,
si ça se trouve, nous pourrions nous retrouver circonscrits à un point 
après la mort, 
ou, enfermés dans le rien, 
ce qui serait le comble de l’ironie.

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