Mon regard n’a rien perdu de sa superbe. Je souris. À présent que je marche, que j’ai loisir de marcher – et gare aux jaloux, aux loups, aux feux, au tigre de Bengale –, je peux, à la différence du pigeon qui – objectivement – semble être complètement désaxé, je peux, je peux marcher et, chaque fois que je pense à l’avenir, c’est de manière inadéquate, puisqu’il s’agit de ne pas me concentrer sur le présent, mais de légitimer quelque chose du passé, d’un avenir qui n’a pas eu lieu, d’un avenir non résolu dans le passé – ce contrat que je n’aurais pas eu, cette femme que je n’ai pas embrassée  – en gros, au détail, au prix de gros, des occasions pour la plupart choisiment manquées, et au diable les étiquettes, ces oriflammes, ces tue-mouches, ces ouvre-boîtes, ces boîtes de conserve, et toutes ces images qui collent à la peau, concentrons-nous sur le présent, quant à l’avenir, laissons le présent nous emballer.