Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

12.07.2018

Il n’y a pas d’échappatoire puisque la poésie est 
Il n’y a pas d’autre monde que celui qui se présente chaque fois que l’homme ouvre les yeux le salue
Parfois il faudrait une allumette  
Parfois une amulette suffit qui se met à crisser chaque fois que les volets se ferment pour nous dire la transparence.
Mais à présent tout me conduit en lui, monde à l’état brut, terriblement familier,
où chaque détail relève sa présence  
Dans ce parc, les bancs sont des livres à ciel ouvert sur lesquels des culs sont posés,
Les pigeons, pourtant mièvres, nous indiquent la direction avec leurs battements d’ailes, du moins une correspondance. 
On voudrait croire à l’illumination, au surgissement de la pensée, par le tintement synchrone des cloches 
Mais cette page se détache pour laisser le champ libre à l’autre. 

26.06.2018

les mois passent
la compagnie des pensées 
comment m’en lasser 

 

24.06.2018

Saluons les vivants 
le papillon tout agité 
dessus les tombes

31.05.2018

Discutez, discutons, 
mais sait-on la qualité d’une conversation 
à la qualité de ses silences. 
Discutez, discutons. 
Elle est intarissable : son débit, son flux, c’est un flot immense,
comme si le saumon remontait à la source. 
Son partenaire rame un peu. 
Moi, je suis sur le bord, sur la table à côté,
terrasse ouvert, nous sommes le 31 mai.
Je sais que tu es là.
Òn se sourit. 

30.05.2018

Allées de marronniers ; lumière
Les enfants, les passants, passent
(et même les pigeons)
et même les marronniers dans la beauté du monde
Lumière et mouvent, lumière et mouvement
Ce « me » furtif m’émeut.

27.05.2018

la poésie est un état 
parfois des chemins s’ouvrent 
n’écoute pas ceux qui parlent de poésie 
mais lis ceux qui l’écrivent  
il y a une différence  entre feu et feu 
certains s’enflamment,  
parfois les chemins sont redoutables
mais on trouve toujours quelques pensées qui l’égaient de leurs couleurs
assemblées
et, un échafaudage, n’est pas non plus le signe de mauvaise santé
au contraire, c’est un manque d’attention qui préoccuperait 
dans la brèche  
les coquelicots ne disent rien
On finit par voir un soleil,   
un soleil gigantesque dans un ciel dégagé
si tard sur la route que les corps n’ont plus d’ombre   
   

23.05.2018

Ainsi ce sera ma petite entreprise, le réel
à regarder les pigeons, marcher dans un square
à les observer – voler, atterrir
à regarder leurs mouvements de masse sur l’herbe du
square (ça vaut pas les vagues, certes)
parmi les hommes, assis sur les bancs, ou pas.
Ainsi ce sera ma petite entreprise,
parmi les hommes ou pas.

22.05.2018

Je marche pour rester vivant. Je vais d’un point vers l’autre. Le monde se disloque; le monde est un terrain de jeu: sortir de ses frayeurs. Sans quoi, je finirais comme le monde, dans une cage à poules. Ce sont d’abord des cris, de révolte ou d’indignations. Ensuite c’est le silence. Puis la dislocation. La dislocation prend du temps. Personne ne se rend tout à fait compte. Même si une chose étrange traverse l’esprit, les corps, les villes, semble s’être posée, sans être visible, une chose que les gens traversent, puis contournent. Marchant dans la rue, on ne se rend pas compte. Pas plus que le soleil se souvient de nous. Non le soleil qui vous rôtit la peau, mais celui qui fraie à l’ombre, parmi les herbes que le fruit la fleur contiennent. Bien sûr, ce n’est pas évocateur. C’est comme une pomme, une tomate, une mandarine, ça se croque, c’est tout. 

Impression du Journal des rêves

Journal des rêves pour impression 

Journal des rêves

 

11.05.2018

C’est un problème de temps. C’est un problème d’attention. J’avais oublié qu’on ne pouvait plus voyager ; qu’on ne pouvait plus non plus être seul. Même si le soleil est même pour tous. J’ai fait une croix sur mes espoirs d’être publié. Sans trottinette, j’irai à pied. Acceptez ce qui se présente, ce n’est pas recevoir tout d’un bloc mais le tailler. Accueillir l’inacceptable, il finit par se tarir. Un jour, on reçoit la mort. Elle est le vase qui accueille les roses, et qui reste sur la table, bien avant qu’elles n’éclosent. Savoir dire non quand même. Sans but, il serait difficile de faire une chute acceptable. Et la posture finit par terre.  Oui, il est dur de voyager. Il est dur d’être seul. Je me retrouve emmêlé, entre les pages, entre les caractères, avec des personnages, ne sachant s’ils sont réels ou de fiction, convenant moi-même d’une fiction nécessaire, a minima, pour que le réel et la réalité ne se dérobent pas au quotidien. Adossé contre la vitre d’un panneau publicitaire, aux affiches mobiles, je conçois alors être à l’orée d’un grand voyage dont l’issue est incertaine. Je dois m’asseoir. 

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