Ciel gris. Malgré le bleu qui transperce les jours. Se concentrer sur la respiration. Je l’avais oubliée. Le regard peut s’accrocher à quelque chose dans le paysage, comme la mouche ses pattes à la vitre — au ciel — au mur. Celles et ceux qui n’ont pas la possibilité de partir peuvent ouvrir un livre. Encore faut-il qu’aucun son ne vienne perturber l’entrée dans le récit : que la moiteur de la forêt primaire résiste aux intrusions d’un enfant en mal de jeu. Que l’étendue des jardins potagers, d’où s’élèvent les panaches blanchâtres sur les carrés de terre brune, par la fumée des feux allumés, de part et d’autre du chemin, à l’aube, cohabitent avec le smartphone en mal d’écouteurs. Et, deux pages plus loin, que les combats menés par une centaine de guerriers, accroupis, avançant avec leur lance dans le marécage broussailleux, se mêlent aux cris vindicatifs du clochard sans titre de transport.
(Ter)

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