Littérature, écriture

Catégorie : Poèmes (Page 36 of 37)

Journal des poèmes 

02.01.2016

Savourer la vie par les petits détails. 
Rien, en fait.
Rien de beau ou de joyeux, 
rien qui élève l’âme
ni ne retranche à la tristesse.  
Rien, pas même un détail
ni la fougue amoureuse (mais là-dessus, devrais-je dire désir, comme quand on lorgne un beau et gros cul,  ou le pied joliment apprêté qu’on confondrait avec le haut du cornet,  sa crème glacée, ou sa pointe, croustillante).
Rien, rien de tout ça.  Pas même un détail ni le reste. Rien – o vieil impie.
Ni la légèreté. Rien. Mais un rien qui soit équitable où que le regard porte,  
comme un rocher au milieu de la rivière, sans eau, près du pont.

17.10.2015

Embarqués dans une galère, la même
passagers assis debout de dos de face
dans ce bus droit pas même courbe (pourquoi pas)
les géraniums s’en balancent.
Direction Nord, la vigne annonce la couleur
quelques feuilles éparses
mais les platanes sont malades ;
On se fait des politesses
À part baiser et combler l’angoisse, rien de neuf – heureusement
Le bébé s’en fout c’est le sein qui compte
petit coeur La fillette veut sa sucette
les mains s’accrochent le chien aboie
remue ça tangue on a traversé la Seine.
Dans la vitre près du conducteur
une femme debout de dos
le visage éclatant de la mort.

12.09.2015

La tombée du soir
le parfum de ces roses emplit l’âme
quel parfum quel spectacle
au loin une cloche, une cloche qui tinte,
la cloche d’une église dont les contours
se noient dans la lumière lointaine
du village
Cela forme une butte, tandis que la parfum des roses emplit la nuit
c’est un parfum sucré, et discret
que les contours d’un grillon accompagnent,
ouvrant les alvéoles pulmonaires un peu plus qu’elles ne l’étaient
laissant entrer la nuit, plus loin
tandis que le coeur bat, à l’unisson de l’instant,
du présent
Des années me séparent de ce poème
comme je m’exerçais à savoir comment
le parfum de ces roses jaunes pouvait être restitué
au son de la cloche lointaine
Pourtant, l’instant n’a pas changé
et je remercie le poème
de m’avoir déposé à nouveau dans cette soirée.

14.08.2015

Les étoiles ont cessé de briller
un lampadaire éblouit la nuit
les nuages réverbèrent le passage d’un avion
(en direction de lui-même, c’est indiqué)
quel silence que l’obscurité est profonde
le souvenir d’un grillon persiste
des masques grimaçants passent au-dessus du banc
Je bois une autre bière
l’obscurité a-t-elle mangé la nuit ?
pourtant l’olivier, dans la clarté du lampadaire, tient tête
il est grand il respire
au-dessus de lui une trouée
une étoile sept huit
la nuit ne prend pas partie.

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