L’absence d’horizon
me voici libre d’une vie sans horizon
quel calme
le jardin est désert à cette heure
Les jeux attendent les enfants, qui reviendront
demain
L’absence d’horizon
c’est l’éternité augmentée du dehors
Le passé est loin derrière
et l’avenir n’est pas
Le jardin pourtant délivre ses promesses
L’aire de jeu attend les enfants.
Catégorie : Poèmes (Page 37 of 37)
Journal des poèmes
certes.
Je ne sais pas ce qui manquait au monde.
Ma présence peut-être.
Je n’y suis plus. J’ai dû manquer quelque chose.
Seuls les cimetières me parlent. Ce sont des lieux doux et calmes
comme le monde.
La clarté ne s’est pas absentée de mes yeux. Au contraire elle est là présente. J’égraine les hypothèses comme le calice d’une fleur.
« Prudence », est-il écrit.
Tous les chemins mènent nulle part.
Alors pourquoi rester là.
Les graffitis sur les murs font des figures absentes. Pourtant chaque rivière porte un nom. Mon fils
assis derrière moi est une joie solaire. Nous partons vers les paysages absentés. Les paysages absentés c’est la lumière.
Le reste est ornement.
Je ne profite même pas du monde. Je n’en ai jamais profité. Je suis plus parasite que chien. Ma seule gloire est d’attendre le transport.
Mon fils parle et gazouille une langue familière tandis que je m’accroche à mon transport.
Certains villages par leur nom évoquent une femme, avec leur fontaine, leurs gouttières, leur dos d’âne.
Chaque rond-point est une respiration vers.
J’écris de tête, je réussis ce miracle.
La lumière ne laisse rien passer. Les voies sont ouvertes. On approche. De quoi ? On approche de quoi ? On commence à approcher. Quelle déception ! Les questions sont des culs-de-sac, des impasses originelles, qui, lorsqu’elles sont exactes, nous renvoient à cette autre,
première, vibration tactile où tout s’éclaire. La vitesse est limitée.
Le rosier se pare de quelques perles (en sus)
La forêt se couvre d’une autre lisière (plus épaisse)
Le souffle, cette masse d’air,
et les nuages qui pépient
Les gouttes de pluie s’accrochent
à la vie
et la vie à la beauté.
J’ai besoin d’un lieu où écrire
d’une table
qui ait la forme du silence
Ce n’est pas une question de lieu
ni de table
mais de basculement
d’un point vers l’Autre.
On arrive bien tard
Si tard d’ailleurs que la fête est finie ;
Quelques miettes,
Pas même le goût du pain.
Les uns portent leur doigt
Sur la table et font le signe “victoire”.
Les autres se taisent
Et mangent leurs dents.
Soi se nourrit de soi
Soi est la plus pauvre chose en soi
Soi n’est qu’une boucle
Soi n’est qu’une boucle qui regarde soi
Soi est ses habitudes
Soi tourne en boucle ses habitudes
Soi me fait peur
Car soi s’asseoit sur soit
Soi n’entend rien
Soi noue et soi attend
Soi nou et soi a tan
Car soi nous dévore
La constante
Tu ne peux la saisir
Vas-tu tourner en rond
A l’infini
Pourquoi ne pas sauter
A la corde
Il n’y a rien au bout du sentier
Je réintégrerai la couche
Supérieure des rêves
Hâtons-nous dans l’éternité
Délectons-nous de marcher
Quoique nous soyons immobiles
Le mouvement du soleil
De la vie des machines
Ou de la parole
Tout ceci n’est qu’ombre
De la lumière
Tout ceci n’est qu’ombre d’une autre
Lumière

