On entend les cloches
Pas un merle dehors
à part la pluie
Catégorie : Poèmes (Page 34 of 37)
Journal des poèmes
écriture, planche de salut
crois-tu qu’elle allait te sauver,
Sauver quoi
sois courageux,
Regarde ce qui t’entoure
sois courageux,
Ouvre les yeux
alors que sauverait-elle,
Fais une prière reçois ce qui t’entoure
Coeur posé sur le néant,
coeur assis sur un banc,
tu ne fais que retrouver tes racines.
Vieillir c’est apprendre à rêver, à marcher, à mourir seul,
vieillir c’est apprendre que les solitudes se complètent
C’est laisser loin les peurs les pleurs de l’enfant
mais être là pour le consoler s’il s’agite ou qu’il pleure
Vieillir c’est accepter de ne pas être ce que l’être aurait pu être, en d’autres circonstances, en d’autres événements
Vieillir c’est accepter d’être un peu plus épais
moins vigoureux, mais plus épais,
d’être là-haut bras levés, branches folles,
et d’avoir sondé loin dans le passé jusqu’à déformer le présent.
La neige a quitté les bancs
et le soleil étend ses rayons
il est l’heure de s’asseoir,
La neige couvre le jardin, et luit.
(Le jardin fait l’angle du boulevard Saint-Germain
et de la rue des Saint-Pères)
Je cherche le nom de cette fleur, qui m’est inconnue,
Dehors le boulevard charrie les véhicules et les véhicules font l’effet de blocs, de pierres, passant dans le courant,
La neige a érigé un havre de paix entre le monde et maintenant.
Ils ont effacé le coeur
ils vont le couvrir de chaux et de peinture
Demain, le coeur aura disparu
le mur sera blanc et lisse,
mais l’empreinte reste en moi.
Souviens-toi
à chaque instant souviens-toi,
Souviens-toi qu’elle te précède
à chaque instant, devant toi,
Et si tu ne te souviens pas
sors! et si la sortie t’est barrée
n’oublie pas qu’elle t’entoure.
Un homme est comme une plante
il lui faut beaucoup de soleil : un peu quand même
il faut qu’il puisse dire “Je t’aime”
et que son sourire arc-en-ciel se dessine quand une goutte tombe sur sa joue
Un homme a besoin de courir comme une plante
d’embrasser et d’aimer comme une plante et de regarder le ciel
Un homme a besoin de regarder, de toucher, de palper, comme une plante
Un rayon suffit, une goutte suffisent, pour que le paysage devienne corps et le corps paysage
Enfin, tout dépend de la plante
Le passé est loin, l’avenir n’est pas et le présent
Qu’est ce ? Un banc sur lequel mes fesses,
– le présent s’efface
La légende dit : les anges soutiennent le monde.
A nouveau je suis à la frontière.
A la frontière, c’est l’homme sans Dieu
L’homme fait homme mais sans lien
Peut-être est-ce Dieu lui-même.
On a scié l’arbre
Et les pigeons dans leur vol ressemblent à
Des pierres tombales.
Mes illusions sont tombées
je ne sais pas si ça change quelque chose à la qualité de la lumière
mais je suis assis à l’angle des rues Daguerre et Lalande
et la femme qui passe devant moi
et je bois un verre de vin pétillant
et la femme qui passe devant moi
a beau avoir un gros ventre, elle est enceinte ?
A quoi sert-il de sentir
si tu ne sais
ni chanter ni écrire ni danser ni photographier ni peindre
ni rien faire
A quoi sert-il de sentir si tu ne sais rien faire
à part sourire
puis – j’ai perdu le fil
une fille est venue s’asseoir à côté de moi
elle m’a souri
