Littérature, écriture

Catégorie : Poèmes (Page 32 of 37)

Journal des poèmes 

28.12.2018

Il y a peut-être, toujours, ce désir renouvelé
de voir les choses 
des prisons
nous nous infligeons des prisons, 
certains se les infligent avec un grand jardin, d’autres avec un espace minuscule, 
nous allons d’une prison à l’autre, en attendant la délivrance ,
si ça se trouve, nous pourrions nous retrouver circonscrits à un point 
après la mort, 
ou, enfermés dans le rien, 
ce qui serait le comble de l’ironie.

22.12.2018

Je suis nulle part entre le jour et la nuit 
Je ne remarque pas cette inquiétude dans les yeux des passants 
Je remarque des yeux tournés en soi ; pas la flamme blanche
parfois une lumière, parmi les gyrophares
parmi les lumières et les enseignes 
Il est normal que les moineaux récoltent les miettes 
le pain se fabrique à l’entrée du jour. 

17.12.2018

Un ou deux poèmes, pas plus 
après tout c’est un bon salaire ;
Avec cette monnaie, on ne paiera rien, de matériel sur Terre 
avez-vous essayé ? 
Pourtant, un beau poème ravit autant qu’une bonne clémentine
Et mille fois le même poème dans mille mains font 
mille clémentines dans mille autre mains ; 
me voilà riche ! 
Me voilà riche d’un poème.  

31.10.2018

Un monde où chaque jour l’énergie se consume à faire vivre
une lampe ; 
Une lampe, probablement magique, puisqu’elle apparait. 
Peu importe l’énergie consumée pour faire vivre cette lampe.
Cette lampe serait possible en chaque instant : 
Il suffit de la voir, même quand elle n’est pas là,
Il suffit de la savoir même si elle n’apparait pas ;
C’est son autre côté magique.
Cette lampe ne fait rien pour qui l’admire ; son miracle est ailleurs.

26.09.2018

Je ferme les yeux, 
Je ferme les paupières sous le soleil.
L’environnement retrouve sa clarté.
Les cris d’enfants, les joies de pelles, retrouvent leur clarté première. 
Les bruits s’entremêlent dans cette clarté joyeuse.
Un instant suffit pour tout perdre,
pour voir le château disparaître.   
Mystère enfui, enfoui sous les sables.  

 

07.09.2018

Fenêtre entrouverte, le houx luit autrement. Le houx, dans l’entrebâillement de la fenêtre, propage un peu de son éclat dans le houx de la vitre. Ce n’est pas le même houx, dirait-on, qu’autrefois. De même il en va des troènes, dans la fenêtre entrouverte, dont les branches bougent derrière celles du houx, lentement. Si le vent était langage, réussirait-il à mouvoir ces lettres? Fenêtre entrouverte, chair du monde. 

25.08.2018

Être vieux, c’est être moins souple,
Plus d’accès.  
La lune est cachée par le parasol. 
C’est la même nuit, le mystère en moins.
Être vieux, c’est attendre dans un paysage qui sert de décor 
Sans horizon, ni trompe-l’oeil, 
Et ordonner ses affaires 
dans l’attente d’un grand voyage
où tout restera à quai. 

 

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