Que faire de cette durée, dont nous sommes les passagers
Au-dessus les flots, au-delà les mers.
Le corps gagne enfin la surface des rêves.
Et qui contemple cette liberté ?
Cette durée contenue dans le mot-clé : cette durée
Cette durée où l’éternité est un point (franchi)
Cette durée qui passe outre,
Qui se souviendra de la clé ?
Catégorie : Poèmes (Page 31 of 37)
Journal des poèmes
Chaque poème nous rapproche du monde
Le monde blanc émerge
et le poème émerge d’un long silence
Lumière (.) Puis cela devient une habitude
Nous nous déplaçons d’un point à l’autre (lumière)
et les flaques d’eau sont légion
puisque le poème p (.) eut ( )
Torches vives, les forsythias alignés sur le boulevard Saint-Marcel
sont les torches du printemps.
Lorsque la lune brillera dans le ciel,
parmi les galaxies de fleurs des orangers du Mexique, il sera temps de rallumer les étoiles.
Les corètes du Japon, sur le boulevard Saint-Marcel, exhibent leurs louis d’or devant les promeneurs,
tandis que le cerisier daigne jeter un pétale à mes pieds.
Diantre, quelle richesse !
Le houx garde jalousement ses baies.
Parmi les jolies passantes, les tulipes rivalisent avec leur robe, plus légère,
Le boulevard Saint-Marcel offre aussi aux travailleurs du ciel des auberges de saison : Myosotis, muscaris, véroniques, etc.
Le boulevard Saint-Marcel offre plus de richesse qu’une année de labeur ne pourrait contenir
O hommes, ô nues mains, courez vite sur le boulevard Saint-Marcel planter des lampadaires jusqu’au loin, qui éclaireront les richesses à venir.
Le cerisier en fleurs, du cimetière, répand ses pétales, en tout sens
Le même cerisier que je retrouve chaque année ;
J’ai l’impression de fleurir quand je te vois, quand je reste près de toi,
Il est doux de voir les pétales se former, tomber,
tomber, aller, quel miracle, avec indolence, dans le ciel,
parmi le ballet des pies, les pirouettes langagières du merle,
ou le furtif pigeon ramier, dans son battement d’ailes,
ou le passereau, au contact de ton écorce, noir aveugle, rugueuse ;
Fleurir, encore et encore, tandis que la vie passe,
légèreté dans un monde léger,
plus léger que la mort, recouvrir les tombes ;
Le cerisier respire.
Attraper le soleil,
ses gouttes de lumière sur le front penché ;
le corps penché, entre
les images de marais, les reflets sur le plan d’eau ;
Se redresser, à mesure que la mer monte, dans le canal,
tandis que “oui” les passants
passant derrière devant le banc “attendez, revenez”
“j’ai une bête dans le nez”
tandis que “mercredi rebelote”
l’eau monte
tandis que “ça sent la vase ” les coques se redressent
“donc tu vois il bosse chez Carrefour”
tandis que le soleil décroît “non mais en même temps, les mecs sont graves” “ils savent très bien” “c’est des blaireaux c’est tout”,
prendre le large.
Jetée Jacobsen, Noirmoutier
Et le vent élevant
la mouette sans effort
de rires en rires
dans les marches du ciel
Festin des grands jours.
La bouche au bout du pied,
l’élan dans la langue ;
Vois ces roses que je porte à ma mère, près du coeur
Je descends l’allée des marronniers
O grille – les broussailles jettent leurs branches à travers elle,
et scandent : Vive le printemps !
Vive le printemps !
Arbre qui fait au ciel des figures, inouï,
figées : une athlète, un danseur.
Printemps proche, proche printemps.
Le tabouret n’a pas changé de place
À moins qu’une autre personne s’en soit saisie
Pour le remettre au même endroit.
L’endroit n’est pas fait pour s’asseoir,
mais l’endroit est un peu plus loin du passage.
En ouvrant un livre, à cette place, le lecteur ferait l’expérience
d’une ligne qui sépare le lecteur du dehors,
– Et peut-être le lecteur éprouverait-il ce dehors ? –
Cependant qu’en levant les yeux, il verrait un point sur la vitre
qui lui rappellerait l’existence même de la vitre
dans laquelle le monde est écrit qu’il est écrit.
Les fleurs, ça ne dit rien
Ça ne dit rien des fleurs qui m’ont fait dire « les fleurs »
Les fleurs
Elles sont de toutes les couleurs,
mais ça ne dit rien de leur couleur
Ce n’est pas tout à fait vrai :
elles sont dans les tons pastels
Quel est leur nom déjà, à quoi ressemblent-elles ?
Tout ceci ne dit rien des fleurs qui m’ont fait dire « les fleurs »
et qui font que je les regarde encore ;
et tout ceci de dit rien du vent qui fait bouger leurs pétales
et leur tige.
Tout ceci ne dit rien des fleurs que je regarde
Qui donc les a aimées ?
Qui donc les a plantées ?
Combien sont-elles au mètre carré ?
oh, c’est un grand mètre carré
au moins ça par ça que j’aurai étiré ;
Que n’ai-je point fait au coeur de l’hiver
de venir me substanter, comme d’autres de votre nectar,
moi de votre beauté.
09.01
Les enfants
Le spectacle
Les enfants
