Je suis à l’aéroport. Je suis au point de rencontre. Je suis assis. Je m’extrais de ma perception. Une sirène se met en route à intervalle régulier. Cinq mouvements longs, à intervalle régulier je les compte. Sur l’écran d’affichage, deux publicités se suivent en boucle. Avancez, s’il vous plaît. La carte d’embarquement s’il vous plaît, reprennent en boucle les agentes. Je suis là depuis une heure. Le flux des passagers est continu. Un passager par seconde — par grappe de trois à cinq, comme les gouttes colorées du sablier liquide, hypnotiques dans le mouvement circulaire du toboggan — passe. L’étage au-dessus, ils circulent dans l’autre sens. Le haut-parleur sollicite la vigilance des passagers pour tout bagage abandonné, en français, en anglais, vigilance ou menace puisque le bagage oublié sera détruit. Systématiquement. Avancez, s’il vous plaît. Présentez la carte d’embarquement, s’il vous plaît. Les sirènes poursuivent leur mouvement, dans le doux brouhaha. Préparez vos cartes d’embarquement, s’il vous plaît. Je ferme les yeux. Je détends les moteurs. Je vais vérifier les papiers, confirme-t-elle. La chute s’envole.
(Orly, 29.06)

Laisser un commentaire, une impression