Littérature, écriture

Catégorie : Poèmes (Page 27 of 37)

Journal des poèmes 

13.03.2020

Cesse de marcher comme si quelque chose te poursuivait.
Vois, l’azur autour de toi,
Le ciel bleu sous tes pieds,
Même les nuages. Et tous ces voyageurs qui encombrent ta route,
Ne sont-ils pas des rochers, dont la biquette agile à laquelle tu ressembles,
se joue ?
Allons donc. Ne te presse pas,
Ni d’un fil, ni vers l’autre.
Sois le funambule de l’azur,
Il suffit de mettre un pied devant l’autre. 

08.03.2020

Où sommes-nous ?
J’y suis presque,
J’ai le sourire en coin qui fait battre le coeur
Où sommes-nous ?
Le mystère est entier, se dévoilerait presque 
Les gens autour de moi font comme si de rien n’était
(le trésor au fond des poches)
Où sommes-nous Où sommes-nous
Mais il est déjà l’heure
Saint-Michel Notre-Dame,
je descends.

 

04.03.2020

Je suis dans le RER
J’ai quitté mes habits
Le paysage fait défiler le train ;
Demain est un autre jour,
Ne pas se laisser distraire ;
Au contraire, rester dans le paysage,
Rester dans le train ;
Je suis dans le train 
Je regarde la chevelure des voyageurs ;
Je sais que j’ai moi-aussi cette chevelure avec des yeux dedans ;
Comme c’est étrange d’être assis là, dans le train
Et de voir deux paysages défiler.  

 

Je suis dans le RER
J’ai quitté mes habits
Le paysage fait défiler le train ;
Demain est un autre jour,
Ne pas se laisser distraire ;
Au contraire, rester dans le paysage,
Rester dans le train ;
Je suis dans le train 
Je regarde la chevelure des autres usagers ;
Je sais que j’ai moi aussi cette chevelure avec deux yeux dedans ;
Comme c’est étrange d’être assis là, dans le train
Et de voir deux paysages qui défilent. 

 

02.03.2020

Je suis passé de l’autre côté 
La bascule est faite
Ce n’est pas la bascule des rêves
Mais celle de l’attention ;
Je passe de l’autre côté
Le mieux serait peut-être de garder l’oeil ouvert
C’est-à-dire de le garder ouvert en ouvrant les yeux ;
Nulle part, je suis assis dans le nulle part,
Comme toute une huile rassemblée dans l’eau,
Mais l’agitation m’émulsionne à nouveau
Entre deux clins de paupière.

 

16.02.2020

Que sommes-nous derrière ces couches de poussière ? Quand tu me poses la question que tu ne m’as pas posée. Quand je réponds à la question, restée suspendue sur le coin de ton œil. Que suis-je ? derrière ces feuillets, ces titres, ces croûtes. Ces croûtes advenues par le trop plein d’absence. Je suis l’écorce ; que la main caresse. Je suis le paysage sans cesse reconnu par le pouvoir des mots, de la diction. Je suis l’étendue de la pensée, faite de paysages et de distances. Je suis ce doute qui oublia qu’il était doute. Je suis cette cire devenue froide. Pourtant, je suis cet homme que ta présence révèle – au-delà des titres, des futurs, des directions. Un homme qui demain encore oubliera qu’il t’a rencontré. Un être que ta présence réveille. Alors, pour répondre à la question que tu ne m’as pas posée, je suis celui qui t’a rencontré dans son sommeil. Je suis peut-être cette flamme. Je suis peut-être cette lumière derrière ces feuillets, ces titres, ces poèmes.

01.01.2020

Ralenti… Ralenti !
Nouveau jour, nouvelle aube : Profites-en.
Tu n’avais rien vu, n’est-ce pas ? 
Ralenti ! Ralenti encore.
(Quelle que soit la fin, nous la toucherons.)  
Écoute. Quel est ce chant ? 
Les mésanges charbonnières, leur voix :
“L’ici-bas et l’au-delà”, “l’ici-bas et l’au-delà”
Les marronniers dans le ciel blanc montrent l’heure blanche.
Élevons-nous, élevons-nous encore.
Le merveilleux, ce pétiole entre les limbes et le monde. 
Les roulettes des sacs font que j’adhère encore,  
La chute s’annonce merveilleuse au clair de l’hiver. 

04.12.2019

Comment habiter l’espace ?
Tant de fils
Tant de fils autour de soi
Et cet espace autour, inaccessible 
Autour, autour de quoi 
Quoi quoi, quoi quoi le corps cocon 
Et cet espace autour, inaccessible 
Autour, autour de quoi 
Quoi quoi le corps cocon 
Tant de fils autour de soi 
Tant de fils, et cet espace autour, autour de soi (e) 
Est-il un silence qui le contienne ?  

 

30.11.2019

Dans ma vie, je n’ai pas de place ni pour un livre ni pour un poème.
Le silence s’arrache au prix d’un grand silence 
Je (  ) regarde mon espace, restreint, et ma bibliothèque 
(Tous les livres) s’entassent comme (des) chemises (, ) froissées, jetées dans un bac 
Le grand (  ) jour n’est point venu : le Pierrot me tourne le dos 
Je vis dans une feuille, volante. 
Tandis que le corps creuse ses (  ) galeries partout.
(  ) L’électricité marche encore
La plante est vigoureuse.  

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