La course des rails
Le poids du jour inquiet
Coquelicots —
ou
Tous les soucis
L’inquiétude à fleur de rail
Les coquelicots
ou
Le poids du jour
Le regard à fleur de rail
Coquelicots –
Littérature, écriture
La course des rails
Le poids du jour inquiet
Coquelicots —
ou
Tous les soucis
L’inquiétude à fleur de rail
Les coquelicots
ou
Le poids du jour
Le regard à fleur de rail
Coquelicots –
Reviens à ce que :
Dit un merle du jardin
Hôtel de Région
ou
Reviens à ce que
— Réunion à la Région —
Le merle me dit :
Plus je m’approche, plus je sais avoir existé,
avoir vécu ce que je vis maintenant ;
Et voir et vivre se joignent comme deux amants.
Le rêve s’ouvre : mais maintenant c’est autre qui m’intéresse
Ni le rêve ni le passé quoique le rêve voie au présent.
Le futur fut-il ?
On voit surtout des pierres, des galets à l’horizon :
Notre dernière demeure fut notre dernier regard.
Aussi, souviens-toi de la porte où se tient tapie la chambre tranquille,
À l’abri des regards et du tien.
Nul n’entre sans l’autorisation de l’hôte.
(Avant sommeil)
Pluie dedans
Pluie dehors,
Dedans l’ouïe, la vitre
de l’ouïe.
Dedans : le train,
La vitre du dehors.
Dedans : les passagers,
Le dehors du train,
Et le dehors ici, quelque part
A droite, gauche de la virgule :
non loin
Familiarité du monde
des morts, ici non loin du dehors dedans
Non loin de cette virgule.
(Rer C)
On dirait qu’il n’y a pas de place
Pour accueillir la seule chose qui vaille,
Dès qu’il ouvre la bouche
Ça tombe à côté
Comme des cacas d’oiseau.
Ouvrez la bouche pour voir :
Ça tombe à côté.
Quand c’est là,
Tout le monde se tait,
Personne ne dit rien.
Lui, ça fait des années qu’il se tient là, sur la petite place,
Avec son costume d’oiseau
Des années, vous dis-je
Eh bien rien ne sort.
On l’a vêtu comme ça, de plumes
Ce sont les gens du quartier.
Ils sont sourds, paraît-il
C’est pour ça qu’on lui a mis les plumes,
Pour le reconnaître,
Vous comprenez ?
Alors il agite les ailes,
On le reconnaît
Si bien qu’il se reconnaît,
C’est pour ça qu’il reste.
S’il avait la parole, il eût été chanteur,
À faire vibrer l’air avec ses bras.
Mais voilà,
Il est un poète.
Des coquelicots
Hoquet de la beauté,
Et votre pied doré
(Quai de gare, 01.06.26)
Dans la gare de Juvisy, il est un bouquet de coquelicots. Je ne l’avais pas vu,
Bosquet de coquelicots, à l’ombre dans l’asphalte parmi les cannes de bières, les crachats, les mégots. Il m’a ému. Pas les coquelicots, mais lui, ce petit bosquet. Puis, j’ai vu votre pied, chaussé dans un nu-pied d’or, je l’ai vu passer et repasser sur le quai, votre pied joliment apprêté.
Ça faisait beaucoup pour la matinée, j’avais gagné ma journée en plus que je chercherai la forme du poème.
Le sait-il,
L’étranger ici, étranger au lieu,
Ne l’est bientôt plus.
Il est le prolongement de la fauvette noire
Son chant ; de la palme du charme.
Plus encore, il semble entretenir déjà
avec chaque arbre du bois la même cordialité
que chacun d’eux, le tilleul, le platane, tresse avec chacun.
Ce n’est pas si différent de l’accueil d’autrefois,
en d’autres lieux, reculés du monde.
Je leur dois le même tribut.
Le présent correspond avec ses hôtes ; avec le passé.
Cordialités du monde ;
Cordes silencieuses.
(Square René-Le Gall)
Parce que
Elle
Par ce que, elle
Ceci est
l’essentiel
Qui tient la clé,
se souvient
Renaît.
(Rer C)
Touche
À quel moment du mot Touche
Le doigt sur la vitre
Mes lèvres sur les tiennes
À quel mo ment
Où se tient-elle
La vitre sa bouche,
Le paysage.
(Rer C)
Si le mot disparait, que reste-t-il
Que reste-t-il du monde.
Arriverais-tu à la source ?
Arrives-tu à boire.
Le poisson qui s’y essaie, l’écarterait
Fait jaillir une ombrelle
d’eau. Plus sa bouche s’approche,
Plus l’ombrelle grandit.
Le doigt la touchant deviendrait d’eau.
Que resterait-il du monde,
Un poisson sans les mots.
(Au Grand Bonheur, Ris-Orangis)
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