Raphaël Dormoy

Littérature, écriture

09.08.2026

Ah
Il pourrait dire Oh
Qu’est-ce que la chose change si ce n’est l’ouverture d’un rêve par la seule question qui fut posée
Où la structure du réel se situe-t-elle si c’est cette variation qui la vérifie dans sa stabilité
Nous serions loin de connaitre le moi profond
À présent que la plaine est recouverte d’herbe.

 

08.08.2026

:
Par quel bout les prendre
Il resterait un siècle, une éternité, un instant plein, l’étrangeté ne faiblirait pas
Celle qui nous ramène : au même lieu.
On ne saurait trop quoi faire des lettres restées en poche.
On tenterait une virgule, découpée au canif, les points comme autant de noyaux de cerise déjà sucés
L’endroit ressemblerait à une forêt luxuriante, mais tempérée, d’une hospitalité douce ;
L’endroit ressemblerait au lieu banni de cette même hospitalité avec, autour d’un arbre mort, une chaise en tissu, poussiéreuse et, sur le sol, tout plein de débris jusqu’aux routes goudronnées qui enserrent l’espace ;
L’endroit garderait sa forme intacte.
Nommer nécessiterait l’abandon du trophée
Un plein, il me demande :
Après je m’en vais.

15.06.2026

Même adresse :
Je suis entre le corps et la pièce
Je suis la pièce
Je suis la pièce par ce qu’est ce bruit
Et que mon corps est ce bruit
Après, je me la représente
C’est peut-être mon erreur :
Chaque mot me conduit à son hôte :
Mon bureau, le lit.
Mes yeux sont fermés,
L’obscurité est. 
Dans quelque instant je ne serai plus ici
Mais dans le sommeil ou le rêve.

 

16.08.2026

Je ne me souviens pas du rêve. Et pourtant il m’apparaît — le rêve de la nuit passée. Si je passe l’apparition des flashs oniriques, il surgit dans la nuit sans que la scène ne m’apparaisse. Il fallait fuir. Quoi ? J’étais poursuivi. J’étais avec mon fils. Le rêve est très présent, je le reconnaîtrais entre mille sans pourtant pouvoir le décrire. Je serais dans un commissariat, je le reconnaîtrais. D’autres flashs oniriques s’ajoutent aux premiers (et d’autres poèmes — aussi), comme autant de potamots qui caressent le corps. J’ai rêvé mille rêves. Le dernier a le bras cassé et la jambe levée.

 

15.07.2026

Qui est qui ?
Entre le banc et moi, il est une allée
Où plus exactement je me regarde ;
Force est de constater que le banc est libre.
À quoi ressemble notre être, intérieurement ?
Sommes-nous cette forme articulée, uniquement
Ou : œuvrons-nous d’un autre lieu, aussi physique que celui-ci ?
Le banc m’interroge,
Le banc vide d’où j’exprime mon étonnement.

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