Littérature, écriture

Catégorie : Journal des rêves (Page 1 of 2)

02.09.2026

La nuit précédente, je rêvais que je circulais dans un canal. Cette circulation était réelle. Cette circulation est réelle. J’emploie le présent. Puisque j’y suis — encore. La chose est-elle valable deux mains ? Mais à cet instant, dans le rêve. Non. Qui tient la réponse ? La sensation est toute physique. Je nage sur le côté. Je me laisse porter par le courant. Et tout mon corps, et tout mon être — tout mon être-corps — est traversé d’une sensation douce — entre l’état de rêve et l’état d’éveil. Ma tête est hors de l’eau, mais le bas du corps est lui tout plongé dans le rêve. Si j’allais plus loin, dans les ramifications, d’autres rêves surgiraient, surgissent. Je les vois entrer. Mais alors une autre dimension paraît. Elle n’en est pas moins absurde par rapport au cours du temps, puisque je suis entre le rêve et l’éveil, à cet instant du soir. Oui, mais voilà, tout ceci m’éloigne un peu plus du sommeil. Les courants sont forts.

1 h 20. A propos d’un rêve.

 

19.05.2026

Couteau. Tranche et bien tranché.
Cou. Ciel. Âge. Mer. Vague, va. Algues. Valgues.
Chaque voyelle est lettre qui roule…
J’entre dans l’auberge, je m’installe pour déjeuner. Je ne sais pas si je suis avec mon fils. Je ne sais pas s’il s’agit d’un rêve. Je crois me souvenir du lieu qui me fit rêver cette table. À présent, les flashs oniriques montent : des images, les mêmes, se succèdent. Ce sont les mêmes d’un rêve à l’autre. Une ville émerge. Et moi là dedans, je dois bien faire ma vie. Tout le monde ici avance en somnambule, oubliant la présence même du rêve. C’est la même chose quand je ne rêve pas. J’avance aussi en somnambule. Malgré ma lecture au monde.
Le lecteur pourra-t-il m’en délivrer ?
J’avance bien des choses.

11.06.2024

J’ai rêve cette nuit que le monde était rempli de monstres et que nous devenions nourriture pour leurs larves. Ils étaient organisés en matrices cubiques, où l’humanité entière entrait, qui s’emplissaient d’un liquide rose, où les larves affamées en forme de fèves se servaient aussitôt. C’était un ras de marée. Quelques instants plus tôt, j’avais trouvé l’amour sur un quai, elle me disait se nommer Pascale. Je la trouvais fort belle. Mais je n’arrivais pas à entrer ses coordonnées. J’avais beau essayer, elles s’effaçaient. Je décidais donc de rester près d’elle, allongé sur le quai.

 

15.01.2017

J’aimerais ne pas mourir. Ensuite, je pourrai mourir. J’ai toujours la joie que la suivante soit lâche, ne tienne pas. J’y mets les pieds. Lorsque je tombe à l’eau. Lorsque je tombe à l’eau, point. J’en attrape deux, identiques. C’est là que je les cloue, histoire de. Ça finit par faire une belle cale, un bel intérieur : au sec, bien au sec. J’entends le bois craquer, les poissons eux aussi ; les poissons, argentés, vont en banc. On s’assoirait presque. Je m’allonge pour les contempler. Et puis c’est le grand départ. La cale qui glisse, la cale qui glisse. On ira presque loin. En rêve. En rêve, à l’avant de la proue. En rêve là commence l’aventure. On me dira non, je dirai oui. Je me souviens d’épais brouillards. Je me souviens d’épais brouillards à l’avant de la proue. Mais dans épée, il y a épier : épier quoi ? Ici, les gens ne vivent pas dans le monde réel.

13.09.2016

Parfois, on se souvient. Et cela souvient. Et cela suffit. Nous y sommes. L’instant flotte comme une autre page. Mais à moins de nous y encrer, elle semble illusoire. Il y a trois pays pour celui qui revient sur ses pas. L’instant, celui du second, fonde mes espérances. Pourtant, nous possédons une chambre, un lieu où dormir en chacun d’eux. Et bien sûr, comme la première fois, la ligne téléphonique ne fonctionnera pas mieux, aussi difficilement. Secrètement, j’ai toujours rêvé de rejoindre le plus à l’est, au sud. C’est là que les magiciens m’attendent.

28.12.2024

Découverte dans le sommeil d’une nouvelle classe d’actifs, que le reflet prisonnier du corps touche en partie. Incapable de reconnaitre sa langue, mais apte à la dire. Il faut faire confiance au plongeon, au point fixe. Le drame est que la piscine vide, elle. Ici et depuis le point, tout complément d’objet serait – comment dire, le comment dire ayant l’apparence d’un, comment – comment dire, oh clapotis. Dans le rêve, tout fut ; et de l’épaisseur scintillait le point. Ce n’était pas le rêve, mais l’instant peu avant l’éveil, quand la conscience s’époumone en oiseau. La découverte déplaçait littéralement le sujet de ses croyances habituelles par le fait même que le raisonnement : ouvrez ! Combien en fis-je par le passé : oh avenir radieux ! Un, deux, trois, je les compte sur une main et je compte toujours sur elle, qu’elle s’accorde à mon âme.

23.12.2024

Apprendre, accepter cette part qui fait que je ne suis plus tout à fait au même endroit
Et que seul la part lucide entremêlée des rêves me fait constater
A plusieurs reprises ; me montre un autre chez moi,
Que je reconnais. Qu’ai-je ramené ?
Une sensation, une émotion, une impression ?
Me souviendrais-je demain
Quand je retrouverai ce texte au hasard des feuilles dispersées
Ou ceci ne sera-t-il plus qu’une sensation vague, qu’une amorce de rêve,
Qu’un morceau de papier qu’on garde pour la photo.

 

16.09.2024

Il faut prendre le mot et le tordre, surtout ne pas suivre ce que montre l’œil, ce que montre le torve, ne pas tomber dans le piège, et conséquemment tomber dedans, dans l’œil. Ouvrir le mot : ce qui spontanément ouvre les rêves. Au bout d’une forme, le mot ne revient pas en son état antérieur. Le mot reste là abandonné, laissé comme une épave à l’intérieur du parking. Les rêves continuent d’entrer ci et là, comme on cligne des cils sans faire l’effort du paysage. Lequel attraper ? Le propriétaire peut-il nous rencontrer ? Le propriétaire d’une maison devenue plus réelle que la mienne à cet instant du rêve. J’imagine qu’il en va de même pour tout : pour tout ce qui nous tient, dans notre quotidien. Je parle des soucis, des dettes. Aussi réels que cet instant de rêve. Comment les gens font-ils pour se reposer, pour que leurs jambes au milieu du mouvement ne restent pas en l’air, qu’ils en sortent, qu’ils se reposent vraiment. Tous ces mots à la fin du jour représentent certainement les cadavres de certains bonbons que le corps a juste léchés. Par conséquent, la journée de demain sera aussi douce qu’aujourd’hui, et sera délayée de tous les éléments compliqués ; les admirateurs pourront naturellement s’y baigner.

 

25.07.2022

J’ai beau garder les yeux ouverts, les rêves circulent encore. Je les vois : des rêves, des vieux rêves, d’anciens rêves, des transcriptions, prennent vie. À cet instant de la nuit, multiples, épars – comme l’activité d’un grand port, dirait-on, à la croisée des mondes. Je pourrais les compter. Et ils sont si nombreux. Entre les rêves et les instants de vie, il s’agit d’une immense cité où toute pensée s’affaire , ainsi que des souvenirs, de ma jeunesse, exacts – des moments si parfaitement exacts, que la crainte serait de ne pas vivre la vie qui se présente. Que se passe-t-il à cet instant de la nuit, à cet instant de la pensée pour que tout jaillisse d’un coup, pour que tout d’un coup émerge ? Mille, cent milles, et chaque nouveau rêve que la pensée reconnait. Il faudrait un grand plateau sur lequel s’asseoir et voir tes yeux au centre.

 

11.11.2021

Cette nuit, j’ai rêvé que j’étais chez le dentiste, chez la dentiste, eh bien, je n’avais rien : Impeccable. Dentition totale et parfaite. Pour une fois, mais la première. J’étais allongé sur le fauteuil, la dentiste était derrière moi ; elle me serrait dans ces bras. Tout va bien, me dit-elle. Par ailleurs dans ce rêve, j’avais le poil court : cheveux ras sur les côtés, très denses, racine impeccable. Bref, un vrai sourire de cheval. La suite irait bien.

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