Les yeux devraient être levés
Ouverts vers
Prêts à
Ou fermés, mais toujours ouverts sur
Quel que soit.
Dans la rame,
La respiration : que vaut-elle ?
Quelle distance.
Récifs et cochons.
(Ligne 7)
Littérature, écriture
Les yeux devraient être levés
Ouverts vers
Prêts à
Ou fermés, mais toujours ouverts sur
Quel que soit.
Dans la rame,
La respiration : que vaut-elle ?
Quelle distance.
Récifs et cochons.
(Ligne 7)
Où suis-je ?
C’est louche comme toujours
J’ouvre mon carnet
Selon mes sources, je suis dans la gare
Je suis dans la gare Montparnasse dans une allée que je pourrais dire centrale
Ah les mots, à côté du Relay sur ma droite et de la voie 6
Beaucoup de monde ici
Et selon mes sources il est dimanche soir et toutes les horloges affichent 17 h 42
Je regarde le tableau des départs sans m’attarder, mais plus encore je jette un œil
Je l’ai vu l’instant d’avant
Faire comme si Je marche
Je fais comme si
Il vous surprend par surprise
Et s’éloigne
Je marche détendu à présent
Après tout nous nous savons
Je souris
Je referme mon carnet,
Je poursuis.
A le A du départ
Le A de l’escalier
Le A du moineau
Le A comme soleil
Et alors
Deux dames penchées
Sur des pivoines penchées
Se souviennent
Vieillerie, faire la diérèse pour marquer la souplesse
(Interroger cette dernière, sans piper mot)
Vieillerie : on sent les anneaux jouer
On sent les anneaux jouer
Voici ce qu’il reste
Toute une vie et pour quoi.
Le soir tombe.
Je me tiens dans le TER
Le soir tombe :
Le monde est resté vierge
Le monde est.
Nu sous les paupières.
A, je dis A
Ça s’écrit A
L’écart entre les deux surprend
Il se mesure : A
La nuit précédente, je rêvais que je circulais dans un canal. Cette circulation était réelle. Cette circulation est réelle. J’emploie le présent. Puisque j’y suis — encore. La chose est-elle valable deux mains ? Mais à cet instant, dans le rêve. Non. Qui tient la réponse ? La sensation est toute physique. Je nage sur le côté. Je me laisse porter par le courant. Et tout mon corps, et tout mon être — tout mon être-corps — est traversé d’une sensation douce — entre l’état de rêve et l’état d’éveil. Ma tête est hors de l’eau, mais le bas du corps est lui tout plongé dans le rêve. Si j’allais plus loin, dans les ramifications, d’autres rêves surgiraient, surgissent. Je les vois entrer. Mais alors une autre dimension paraît. Elle n’en est pas moins absurde par rapport au cours du temps, puisque je suis entre le rêve et l’éveil, à cet instant du soir. Oui, mais voilà, tout ceci m’éloigne un peu plus du sommeil. Les courants sont forts.
1 h 20. A propos d’un rêve.
Le brouhaha
L’arbre à sansonnets
Remet au monde
Fleur de sauge
Un bourdon d’automne
Le coeur ploie
ou
Des fleurs de sauge
Le bourdon d’automne les fait
Le coeur ploie
Ah
Il pourrait dire Oh
Qu’est-ce que la chose change si ce n’est l’ouverture d’un rêve par la seule question qui fut posée
Où la structure du réel se situe-t-elle si c’est cette variation qui la vérifie dans sa stabilité
Nous serions loin de connaitre le moi profond
À présent que la plaine est recouverte d’herbe.
© 2026 Raphaël Dormoy
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