J’ai l’impression d’être déjà mort, que les temporalités coexistent, sans que l’une précède l’autre, au contraire, les temporalités coexistent, l’une englobe l’autre. Il faut imaginer la première phrase de ce texte détruite et que la seconde, prise pour la première, l’avalise par sa place sans que le sens ne fût donné tout à fait. Cette singularité rend la mort tout à fait joviale, presque juvénile dans son attention aux vivants. Car ici les morts ne sont pas morts : ils sont de pleine vie, néanmoins vaporeux. Ici l’amitié est un mot qui compte. Amitié entre les hommes. En tentant de me chercher depuis ce haut lieu, je me retrouve ici, dans mon canapé, blotti en train de vivre cette expérience inouïe et de la transcrire. Ma certitude vient du fait que les vivants rencontrés ici sont ceux-là de l’autre côté, pour ceux qui prennent soin de vous, d’une attention amicale, sincère. Je voudrais leur dédier ce poème, ce que je fais et s’ils m’entendent, s’ils me lisent, à deux nous pouvons faire un sourire.

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