Littérature, écriture

Catégorie : Journal des poèmes (Page 2 of 18)

Journal des poèmes 

01.08.2021

Des boules de sable,
Voyons voir ce que j’ai
Et voilà dix boules de sable, dit mon fils
1 euro la boule de sable
Onze boules de sable,
On va pouvoir vendre beaucoup de choses
Papa, les coquillages sont incroyables,
Tous les coquillages que je trouve sont incroyables
Regarde à l’intérieur. Regarde là.
C’est incroyable n’est-ce pas
Il ne manque plus que la ficelle
Qu’est-ce qu’on va faire des boules de sable.
Le poème à la boule de sable.

 

18.07.2021

11 h 20.
15 minutes. C’est le temps dont je dispose pour un écrire un poème.
Je suis assis sur une chaise. 
Je suis dans la Halle des expositions, ligne 9, transformée en vaccinodrome pour cette occasion. 
Je suis assis sur une chaise. 
Je suis à l’affût du poème, ou pour être exact à l’affût du signe. 
Mais, être assis sur une chaise est en soi un extraordinaire
Et plus encore, dans ce monde où chacun de ses attributs fait sens. 
Je me lève, je me rassois. C’est un quart d’heure, me dit-on.
J’ai envie de serrer quelqu’un dans mes bras. Je pourrais toujours prétexter des effets secondaires de la seconde dose.
Sous le plafond, il y a des pictogrammes. Que lirait un enfant ? 
Je me rends compte que chacun des hommes assis sur chacune des chaises est un pictogramme. 
L’espoir serait de se dire que nous pensons tous la même chose, au-delà de la représentation qui fait de chacun de nous un pictogramme assis sur une chaise. 
Mais les liesses sont pour des événements particuliers, jamais pour célébrer le réel. 
Il est 11 h 29. Je suis en avance sur mon temps.  

12.07.2021

Fermer les yeux, c’est tout.
Mais les fermer loin longtemps
Comme on plonge dans l’océan.
Mais l’épaisseur des cigales, nombreuses — plurielles.
Fermer les yeux est un acte d’éveil
Pour se retrouver ici, au même endroit,
un étage plus haut.
Il ne tiendrait qu’à soi de faire tinter la clochette
qui libère parmi soi, autour de soi dans les hautes herbes,
le rire embusqué.

 

12.07.2021

Les cigales n’ont pas alenti le temps
Elles ont écrasé les secondes, vaines 
Le corps meurtri se revigore au soleil Ou 
est-ce l’ancien monde qui se craquelle au soleil, comme mue sous un frêne malade.
Je pourrais avoir l’âme du papillon, dit-il
avant que ce “Je pourrais” soit en fait l’exact motif de ses ailes,
fragile agile acrobate.
Et le café penché sur la vallée   
a retrouvé sa ligne terrestre.

 

27.06.2021

S’arrêter, ça y est
J’ai trouvé un banc, boulevard du Montparnasse
Je peux m’asseoir
quel vertige de s’arrêter
L’épaisseur du monde vous revient à la gorge
vous enserre le coeur.
Ici les rares vivants visibles à l’oeil humain sont les végétaux et les humains
Et, et le pigeon qui passe,
Et, comme chez les humains, il faut croire que l’olivier a plus de vie vivante que le platane,
Ou cet olivier a-t-il simplement plus de vie vivante que ce platane.
La vie les vivants le bruit dedans devant la devanture,
les corps sont magnifiques lavés de leur reflet
Et les enfants n’ont pas d’autres choix que de suivre la main (qui les nourrit)
La feuille de platane sur l’asphalte, tout abîmée, contient plus de promesses que les promesses de voeux de la lampe magique.
Et, me souvenir de cet instant, ou à défaut, rendre grâce.

06.06.2021

Tenter tenter
Tenter encore
Foi de
Eh bien tant pi si je reste derrière
Derrière le paysage.
Ah, le grand air
Je le vois presque!
Ah, comme j’aimerais descendre du train
train-train, être ici-même.
Il n’est rien qui me sépare, peut-être
pas plus, une virgule en forme de loquet
Un je ne sais quoi qui ferait tomber le
Ah comment le nommer
Quand ensuite, le poème.

 

28.05.2021

La mésange bleue écrit un escalier
montant du ciel, vers le sol
oui montant, du ciel vers le sol.
Il ne faut pas déranger la mésange
sinon elle se tait
et tous les enfants sont orphelins du ciel.
C’est un double mouvement
pour que le ciel existe,
pour que les couleurs correspondent.
Seuls les enfants comprennent.

 

26.05.2021

Le langage, cet obscur continent. 
Qu’est-ce que le monde serait sans langage ? 
— Une obscure muette.
Obscurs sont les deux mondes,  
Mais le langage projette ses ombres sur le monde :
Vastes oiseaux, autres tropismes, fourmi géante,
ou mille-pattes, variant par la taille ou la déformation de taille. 
Mais toutes les apparences sont les ombres du langage.
Un oeil nu n’existe pas, à moins de le crever, mais alors tout serait obscur
et le mille-pattes émergeant de lui-même, bientôt déformé —
Le langage.  

 

10.05.2021

Après un tunnel, s’en souvenir
des fois que
Tout va bien ; j’avais oublié
Certes la petite facture, les tracas, mais là
Tout prend forme d’un sourire
en plus des variations de paysages.
Un an dans le même regard ne suffirait pas pour faire le tour.
Cerise sur le gâteau : Voyez l’univers – dans une goutte d’eau.
Bref je m’égare
Le train est à l’arrêt
Je savoure ces gouttes d’instant
avant de rhabiller mon regard.

03.05.2021

Certains regards ont tant de beauté
bien plus de beauté que le paysage ;
Certains regards ont bien plus de paysages que le paysage lui-même.
Oh comme j’aimerais rester dans le train
éternellement, à regarder votre paysage
dont je ne sais rien.
Certains regards vous magnétisent
comme une source d’eau vive.
Ce paysage, enfin ce regard, pose la pierre à son endroit,
le futur à sa place
et tout ce que la vie contient de vie est dedans vos yeux.
Que restera-t-il ?
La tendresse des pierres,
une hésitation.

 

Certains regards ont tant de beauté
Bien plus de beauté que le paysage ;
Certains regards ont bien plus de paysages que le paysage lui-même.
Oh comme j’aimerais rester dans le train
Éternellement, à regarder votre paysage
Dont je ne sais rien.
Certains regards vous magnétisent
Comme une source d’eau vive.
Ce paysage, enfin ce regard, pose la pierre à son endroit
Le futur à sa place,
Et tout ce que la vie contient de vie est dedans vos yeux.
Que restera-t-il ?
La tendresse des pierres,
Une hésitation.

 

Certains regards ont tant de beauté
Bien plus de beauté que le paysage ;
Certains regards ont bien plus de paysages que le paysage lui-même.
Oh comme j’aimerais rester dans le train,
Éternellement, à regarder votre paysage
Dont je ne sais rien.
Certains regards vous magnétisent
Comme une source d’eau vive.
Ce paysage, enfin ce regard, pose la pierre à son endroit
Le futur à sa place,
Et tout ce que la vie contient de vie est dedans vos yeux.
Que restera-t-il ?
La tendresse des pierres,
Une hésitation.

 

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