Coulée verte, je monte les marches,
pissenlit comme soleil, Paris me voici !
Chuchotements, ô merveille :
Attention, « Sol glissant par temps de pluie », la prudence est de mise,
De fleurs en fleurs, de bac en bac, je vole parmi les amoureux du pont,
Pin-pon cloche, pin-pon cloche ;
Un homme assis sur un banc voudrait brunir encore,
Septembre, les derniers rayons, voyez-vous.
O langues, ville cosmopolite, pigeon bariolé ;
Les rosiers dans la foulée font des fleurs de toutes les couleurs,
Arbre à papillons, nous prenons de la hauteur ;
Dans les maisons qui bordent la coulée, les fenêtres sont comme chrysalides, ouvertes,
Les amoureux contemplent dehors;
Les tilleuls sont les premiers à se vêtir d’or,
Une liane de glycine, en quête d’à venir, croise le regard,
Un homme assis sur un banc boit sa canette.
« Ici, nous faisons pousser la flore naturelle » :
Bananiers, feuilles mortes, graminées ;
Sur le pont l’ouvrier s’est arrêté, s’est accoudé parmi les bruits de scies.
L’instant résistera-t-il ?
On entend des pas de promeneur : ô forêts ! oeil  gravé dans l’écorce,
Que vois-tu, que voit-on ? Quel avenir lirons-nous ?
– Branche morte, mais encore ?
L’eau des longs bassins fait des lents remous vers nous,
Eau saumâtre, verte, les amoureux s’y mirent,
Tous les moineaux sont cachés, on les entend quand même ;
Fruits non soupçonnés du présent,
Quel avenir lirons-nous ?
Une femme surgit en fauteuil roulant,
Une autre arrive avec une poussette vide,
Tandis que cette autre nous double, pleine d’espérance.
Les pas du promeneur résonne, voyage immobile parmi les brins de conversations que le courant emporte.
Voyez l’à venir : monde chargé d’or.
Pourquoi s’y rendre, il vient à nous.

07.09.2018